Le 2 avril 2026 marque une année jour pour jour depuis le retrait des rebelles de l’AFC/M23 de Walikale centre. Un épisode qui avait profondément bouleversé la vie de milliers d’habitants, contraints à l’exil dans des conditions dramatiques, après la prise de la cité le 19 mars 2025 à l’issue de violents combats contre les FARDC.
Lorsque les affrontements ont éclaté, la population civile s’est retrouvée prise au piège. Très vite, la seule issue a été la fuite. "Nous avons couru sans savoir où aller. Les balles sifflaient de partout. J’ai pris mes enfants et nous avons fui dans la forêt", raconte Chantal Furaha, habitante de Walikale centre.
Comme elle, des centaines de familles ont trouvé refuge dans la brousse environnante, tandis que d’autres se sont entassées à l’hôpital général de référence de Walikale ou dans des localités voisines jugées plus sûres.
"À l’hôpital, il n’y avait plus de place. Nous dormions dehors, sans bâches, exposés à la pluie", témoigne un père de famille.
Dans la forêt, les conditions de survie étaient particulièrement éprouvantes : manque de nourriture, absence d’eau potable, maladies et insécurité permanente. "Les enfants pleuraient de faim. Certains sont tombés malades. Nous vivions dans la peur constante", se souvient une déplacée.
Pendant leur présence à Walikale centre, les rebelles de l’AFC/M23 ont imposé un climat de terreur, selon plusieurs témoignages concordants.
Un événement a particulièrement marqué les esprits : la destruction d’un avion des rebelles par un drone des FARDC. L’attaque avait fait 19 morts, dont 17 rebelles et deux mercenaires étrangers, selon des sources locales. "Ce jour-là, nous avons cru que la guerre allait tout emporter. Les explosions étaient terrifiantes", se rappelle un habitant.
Le retrait des rebelles, intervenu le 2 avril 2025, a suscité un immense soulagement. Progressivement, les populations ont commencé à regagner leurs habitations. Mais le retour n’a pas été sans difficultés. "Quand nous sommes revenus, nos maisons étaient pillées. Les champs abandonnés. Il fallait tout recommencer", explique un agriculteur.
Les infrastructures de base, déjà fragiles, ont été fortement affectées. Écoles fermées, structures de santé débordées, activités économiques à l’arrêt. Walikale devait repartir de zéro.
Un an après, malgré les cicatrices encore visibles, la vie reprend peu à peu son cours à Walikale.
Les marchés rouvrent, les enfants retournent à l’école, et certaines familles reconstruisent leurs habitations avec les moyens du bord. "Ce n’est pas facile, mais au moins nous sommes chez nous. Nous voulons tourner la page", confie une mère de famille.
Pour beaucoup, l’espoir repose désormais sur une paix durable et une présence sécuritaire renforcée. "Nous demandons aux autorités de ne pas nous abandonner. La paix doit être protégée", insiste un notable local.
Un an après le départ de l’AFC/M23, Walikale reste marqué par les souffrances vécues, mais refuse de céder au désespoir. Entre mémoire des épreuves et volonté de reconstruire, la population avance, avec prudence, vers un avenir qu’elle espère enfin apaisé.