Les avocats du Dr David Balanganayi convaincus que leur client sera acquitté, les griefs étant «élaguables»

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Le médecin David Balanganayi devant les juges

Les avocats de la défense du prévenu David Balanganayi Kayembe, médecin poursuivi notamment pour violence sur une femme lors d’une opération de suture après son accouchement à l’hôpital général de référence de Kinkole à N'sele, réfutent le jugement des réseaux sociaux au sujet de leur client. 

À l’issue la deuxième audience du dossier en flagrance devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa Kinkole, tenue à l’esplanade de la maison communale de N’sele sous une foule nombreuse,  Faustin Bukasa,  avocat principal du médecin incriminé, dit être content de défendre «une cause correcte», soulignant que M. David Balanganayi, contrairement à la partie civile, n’est guère un criminel, mais s’est, par contre, évertué à sauver la vie de Dorcas Mulema, la victime. 

« David Balanganayi n’est pas un criminel, mais c’est un saveur de vie. Mais ici nous voulons fixer l’opinion, parce que nous en avons deux, celle des réseaux sociaux et de la clameur publique, qui veut qu’il soit mis en prison.  Mais ici nous sommes devant le juge naturel,  devant qui nous démontrons comment il a fait de tout son mieux. On cherche à le condamner parce qu’il a sauvé une vie», déclare-t-il à ACTUALITÉ.CD.

Il est en plus convaincu que le Tribunal acquittera leur client, puisque les griefs portés contre lui sont «élaguables » et rassure qu'à la prochaine audience ils continueront à démontrer que leur client est innocent 

Du côté de la partie civile,  Élodie Nsimire, avocat de la victime, a soutenu qu’il est normal que le docteur David Balanganayi soit condamné au regard de la gravité des faits pour lesquels il est accusé. 

« Nous pensons que les faits pour lesquels il est poursuivi méritent condamnation. Et ce n’est pas nous qui le voulons, mais c’est la loi qui le prévoit», avance-t-elle. 

Argument à l’appui, Me Msimire brandit l’article 28 la loi sur la santé publique, «qui est claire» : «aucun patient ne peut être contraint par aucune voie à subir des violences sous prétexte qu’il faut lui administrer des soins. Elle est également claire sur le consentement, quelles que soient les conditions, et là il n’y a pas d’excuse», rétorque-t-elle, ajoutant que la République devra, dans ce cas sous examen, dédommager madame Dorcas, vu le statut du docteur David Balanganayi, médecin de l’État congolais. 

Après une deuxième audience, ponctuée par des moments de vives émotions, le Tribunal de Grande instance de Kinshasa/Kinkole a décidé de remettre l’affaire à ce mercredi 1er avril, avec une l’exigence de comparution personnelle de Dorcas  Mulema, prise en charge par la première dame à l’hôpital Diamant. 

Pendant l’audience, des médecins collègues de David Balanganayi, ont affirmé la brutalité de l’accouchée qui les avait poussés à laisser la main au prévenu, qui a dit agir par nécessité. La grand-mère de Dorcas, 19 ans, a réfuté les allégations selon lesquelles elle aurait dit au médecin que sa petite fille n’écoute que par la violence. 

Samyr LUKOMBO