À la suite des instructions du chef de l'État, Félix Tshisekedi, lors de la 84e réunion du Conseil des ministres, exigeant l’achèvement « urgent » du cadre de gouvernance, le gouvernement de la République a adopté le projet de loi relatif à la mise en œuvre du projet Grand Inga. Ce texte a été présenté et défendu par Aimé Molendo Sakombi, ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, lors de la réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 27 mars à Bandundu-Ville, chef-lieu de la province du Kwilu.
D’après Aimé Molendo Sakombi, cité dans le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ce projet de loi, qui sera déposé incessamment au Parlement, constitue, au-delà de sa portée technique, une garantie de souveraineté en protégeant un actif stratégique national et en organisant sa maîtrise par l’État.
"Il contribue à la modernisation du cadre juridique en l’adaptant aux réalités d’un projet d’envergure exceptionnelle. Il vise également à soutenir la transformation économique du pays, en favorisant l’industrialisation, l’accès élargi à l’électricité, la création de richesses et l’augmentation des recettes publiques. Le texte intègre en outre des considérations de justice territoriale et sociale, en prenant en compte les populations locales ainsi que les exigences environnementales", rapporte le compte rendu de la réunion.
Pour le ministre de tutelle, Aimé Molendo Sakombi, ce projet de loi vise également à renforcer le rayonnement international de la République démocratique du Congo en la positionnant au cœur des grands équilibres énergétiques du continent africain.
"Le ministre a souligné que l’adoption de ce projet de loi enverra un signal politique fort : celui d’un État qui affirme sa vision, se dote des instruments de sa puissance, sécurise les investissements tout en préservant sa souveraineté, et érige le projet Grand Inga pas comme une promesse perpétuellement différée mais une priorité nationale structurée par le droit, portée par les institutions et orienté vers l'intérêt supérieur de la nation", a souligné le ministre Aimé Molendo Sakombi.
Dans sa communication lors de la précédente réunion du Conseil des ministres, le chef de l'État Félix Tshisekedi, avait rappelé que la concrétisation de cette ambition repose sur des partenariats de rang mondial. À cet égard, il avait rappelé que l’approbation, le 3 juin 2025, par la Banque mondiale d’un crédit d’un milliard de dollars américains pour le programme de développement d’Inga III, dont 250 millions déjà disponibles, constitue une avancée majeure pour structurer le site et créer un corridor de croissance au bénéfice des communautés.
Toutefois, il a souligné que l’entrée en vigueur des accords de financement, intervenue le 2 février 2026, impose l’achèvement urgent du cadre de gouvernance du projet. À ce titre, les ministères sectoriels et le gouvernement provincial du Kongo Central sont tenus de conclure, dans un délai de 60 jours, les protocoles d’accord de collaboration avec l’ADPI-RDC, cette échéance étant imminente.
C'est dans ce cadre que le gouvernement a été invité à examiner en urgence le projet de loi Inga, en vue de son adoption lors de la réunion du Conseil des ministres du 27 mars prochain, puis de sa transmission au Parlement au plus tard le 31 mars 2026. D'après le Président Félix Tshisekedi, ce texte constitue un préalable déterminant à la mobilisation du soutien financier convenu avec la Banque mondiale.
Au mois de juin de l'année dernière, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un crédit de 250 millions de dollars financé par l'Association internationale de développement (IDA) qui constitue la première phase du programme de développement d'Inga 3 dont le total s’élève à un milliard de dollars. Ce programme de long terme repose sur une approche en plusieurs phases et permettra à la République démocratique du Congo (RDC) de poser les bases du développement durable d'Inga 3 le plus grand projet énergétique de la RDC à ce jour en commençant par la mise en place d’investissements en faveur des populations locales, des infrastructures et de l’emploi.
Le manque d'accès à l'énergie est l'un des principaux obstacles à la transformation économique de la RDC et à la création d'emplois à grande échelle dans le pays. En effet, seuls 21 % des Congolais bénéficient aujourd’hui d’un raccordement à l'électricité.
Ce retard est toutefois sur le point d’être comblé : dans le cadre du Pacte national de l'énergie de la RDC, qui s’aligne sur l'initiative Mission 300 à l'échelle de l'Afrique, le gouvernement s'est engagé dans une série d'investissements et de réformes visant à augmenter la production d'énergie, à attirer les investisseurs du secteur privé et à améliorer les performances de la compagnie nationale d'électricité, avec pour objectif de porter l'accès à l'électricité à 62 % de la population d'ici 2030
Selon la Banque Mondiale, le programme de développement d'Inga 3 accélérera le rythme des changements institutionnels et fournira la capacité de production d'énergie indispensable au soutien des progrès énergétiques du pays au-delà de 2030.
Clément MUAMBA