RDC : dans son livre, le professeur Augustin Mangemosi plaide pour une « recentralisation géostratégique » du pays

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Le livre “Reprendre la main : Nouvelle géostratégie de la recentralisation de la RDC en Afrique médiane”

« Il n’y a pas d’Afrique sans la RDC ». C’est autour de cette conviction que le professeur Augustin Mangemosi Luwawu Makwala a présenté, ce vendredi 29 mai à Kinshasa, son nouvel ouvrage intitulé “Reprendre la main : Nouvelle géostratégie de la recentralisation de la RDC en Afrique médiane”, publié aux éditions de l’Institut Géopolitique de l’Afrique médiane (IGAM).

La cérémonie de vernissage s’est tenue au Silikin Village, en présence d’universitaires, de chercheurs et de spécialistes des questions géopolitiques. Cet essai de 350 pages, préfacé par le professeur Bertrand Badie, constitue la sixième publication de l’auteur en 15 ans.

Dans cet ouvrage, Augustin Mangemosi défend l’idée d’une reprise en main par la République démocratique du Congo de trois domaines qu’il juge stratégiques : la décision géopolitique, la gouvernance économique et la sécurité du territoire national.

L’universitaire a insisté sur la position centrale qu’occupe la RDC sur le continent africain, estimant que cette réalité géographique lui confère un rôle incontournable dans toute dynamique d’intégration régionale.

« Que vous partiez de l’océan Atlantique ou de l’océan Indien, vous devez passer par la RDC », a-t-il déclaré, avant d’affirmer qu’« aucun projet d’intégration africaine ne peut réussir sans Kinshasa ».

La RDC, une puissance aux potentialités inexploitées

Pour illustrer son analyse, l’auteur a recouru à la métaphore du « revolver à la gâchette mouillée ». Selon lui, la RDC dispose déjà de tous les attributs nécessaires à l’exercice de sa puissance : des ressources naturelles abondantes, une position géostratégique privilégiée et un poids démographique important.

Le principal obstacle ne résiderait donc pas dans l’absence de moyens, mais dans le manque de volonté politique et de capacité à mobiliser ces atouts.

« La gâchette était déjà mouillée. Il suffit d’appuyer », a-t-il lancé, appelant les dirigeants congolais à activer les leviers de souveraineté dont dispose le pays.

Un appel à redevenir acteur de son destin

Intervenant lors de la présentation de l’ouvrage, le professeur Mulume a soutenu la thèse développée par l’auteur. Selon lui, la « recentralisation géostratégique » constitue une condition essentielle pour permettre à la RDC de sortir d’une posture de dépendance et de redevenir un acteur influent dans les affaires régionales.

Il estime que le pays doit cesser d’être un simple « objet d’influences extérieures » pour redevenir un « sujet de l’histoire ».

Présent à cette cérémonie, le docteur Silas Mimile Makangu a également salué la publication, qu’il considère comme une contribution pertinente au débat sur la souveraineté nationale et le positionnement stratégique de la RDC dans son environnement régional.

Pour les différents intervenants, « reprendre la main » implique notamment de renforcer l’autonomie décisionnelle de l’État, de consolider le contrôle du territoire national et de repenser les alliances du pays sur la base de ses intérêts souverains.

Une contribution au débat sur la souveraineté

Publié dans un contexte marqué par les débats récurrents sur l’exploitation des ressources naturelles, la sécurité nationale et les influences extérieures, Reprendre la main se veut une réflexion sur la place que la RDC entend occuper en Afrique et dans le monde.

Spécialiste congolais des relations internationales et de la géopolitique de l’Afrique médiane, Augustin Mangemosi Luwawu Makwala est l’auteur de plusieurs ouvrages et publications scientifiques consacrés aux enjeux de puissance, de souveraineté et de développement stratégique de la République démocratique du Congo.