Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une opération de distribution de vivres à Lubero-centre, chef-lieu du territoire de Lubero au Nord-Kivu, au bénéfice des personnes déplacées et des familles d’accueil. Cette assistance intervient dans un contexte marqué par l’avancée de la rébellion de l'AFC/M23 au sud du territoire de Lubero et des violences attribuées aux combattants ADF, qui ont contraint des milliers de familles à abandonner leurs localités d’origine.
Dans le sud du territoire de Lubero, selon le PAM, des populations se retrouvent prises en étau entre l’insécurité persistante, les limites du parc et le littoral du lac Édouard. Cette situation complique l’accès aux terres cultivables et réduit la capacité des ménages à assurer leur subsistance, les récoltes disponibles demeurant insuffisantes.
Pour répondre aux besoins immédiats, une assistance alimentaire en nature a été déployée par le PAM en faveur de plus de 60 000 personnes dans les localités de Kamandi Gîte, Kamandi Lac, Kikuvo, Butiri, Luofu et Miriki. Il s’agit de la quatrième expédition humanitaire menée par l’organisation dans cette zone depuis la résurgence de la rébellion de l'AFC/M23.
Depuis plusieurs mois, Lubero-centre accueille de nouvelles vagues de déplacés en provenance de Kanyabayonga, Kirumba, Mathembe, Vutsorovya, Hutwe et Alimbongo. Ces familles arrivent souvent sans biens, après avoir fui les combats qui se poursuivent depuis des mois dans leurs milieux d’origine.
Selon plusieurs sources sur place, l’opération de distribution a été toutefois marquée par des plaintes. Des habitants préalablement enregistrés affirment ne pas retrouver leurs noms sur les listes finales de bénéficiaires et demandent à être réintégrés afin de ne pas être exclus de l’assistance.
Selon le PAM, chaque ménage reçoit une ration complète couvrant une période de 30 jours, composée de riz, de haricots ou pois cassés, d’huile végétale enrichie et de sel iodé. Ce soutien vise à permettre aux familles de répondre à leurs besoins nutritionnels urgents et de retrouver la capacité de relancer leurs activités agricoles.
La situation humanitaire dans la zone demeure préoccupante. Les autorités locales la qualifient de catastrophique, alors que plus de 10 000 ménages avaient déjà afflué vers Kitsombiro, Kipese et Lubero-centre lors des dernières avancées de la rébellion de l’AFC/M23.
Josué Mutanava, à Goma