Guerre dans l'Est de la RDC : le Sénat juge inacceptable les violations du cessez-le-feu 

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Des sénateurs

La situation sécuritaire préoccupante dans plusieurs coins de la République démocratique du Congo a occupé une place de choix dans le discours du président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, ce lundi 16 mars 2026, à l’ouverture de la session ordinaire de mars 2026 au Palais du Peuple, à Kinshasa.

Dénonçant l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23 ainsi que ses différentes conséquences, le speaker de la Chambre haute du Parlement a salué les récentes sanctions américaines prises contre l’armée rwandaise et quatre officiers des Forces de défense rwandaises pour leur rôle dans la déstabilisation de la partie Est de la République démocratique du Congo.

"Notre pays fait face depuis trois décennies, aux conséquences dramatiques des atrocités perpétrées sur son territoire, particulièrement dans sa partie Orientale où les actions terroristes menées par l’AFC-M23, soutenu par le Rwanda, ainsi que l’activisme du groupe ADF, continuent de déstabiliser cette région.C’est ici l’occasion pour le Sénat de saluer les sanctions prises par le trésor américain à l’encontre des forces armées rwandaises et certains de ses hauts responsables", a fait savoir Jean-Michel Sama Lukonde dans son discours à l'ouverture de la session

Dans le même chapitre, l’ancien Premier ministre Sama Lukonde a condamné les attaques de drones orchestrées par la coalition AFC/M23–RDF contre les installations aéroportuaires de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Selon lui, il est inadmissible que ce mouvement rebelle poursuive les violations " répétées " du cessez-le-feu.

"Je condamne avec la plus grande fermeté les attaques aériennes par drones kamikazes ayant visé l’aéroport international de Bangboka à Kisangani ainsi que d’autres installations militaires, dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026. Ces violations répétées du cessez-le-feu sont inacceptables. C’est ici le lieu de rendre un hommage appuyé à nos vaillantes Forces armées ainsi que la Réserve Armée de la Défense, « les Wazalendo »,engagées avec courage et détermination en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu", a souligné Sama Lukonde, président du Sénat.

Pour le président du Sénat, Sama Lukonde, la recrudescence de l’insécurité urbaine dans les grandes villes ainsi que l’insécurité dans la partie ouest du pays ne doivent pas laisser les sénateurs indifférents. À cette occasion, il a salué les efforts de désarmement et de démobilisation des groupes Mobondo dans l’ouest du pays et a encouragé le gouvernement à intensifier la lutte contre l’insécurité urbaine.

À deux reprises déjà, l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a revendiqué les attaques de drones ayant visé l’aéroport international de Kisangani-Bangboka, dans la province de la Tshopo (nord-est de la RDC). L’AFC/M23 affirme que ses forces ont mené " une opération ciblée " destinée à « neutraliser et détruire des drones » qui, selon elle, s’apprêtaient à être lancés pour « massacrer des civils et attaquer ses positions » à proximité de la ville de Kisangani. Le mouvement rebelle assure agir dans le cadre de son « devoir patriotique de protéger les populations innocentes ».

Parallèlement, l’AFC/M23 accuse également Kinshasa d’utiliser des drones contre les populations civiles. Selon le mouvement rebelle, soutenu par le Rwanda, l’une des frappes aurait entraîné la mort de Willy Ngoma, son porte-parole militaire. Cet événement intervient après celui impliquant Magloire Paluku et survient dans un contexte d’intensification des combats dans l’Est de la RDC. Cette montée des hostilités fait suite au non-respect du cessez-le-feu proposé par l’Angola, à l’intensification des frappes aériennes menées par l’armée congolaise, ainsi qu’aux offensives terrestres conduites par les Wazalendo, alliés des FARDC, contre les positions de l’AFC/M23, un groupe soutenu par le Rwanda selon les Nations unies.

Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine  progressent sur le papier mais peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23. Face à ce statu quo, l’AFC/M23 continue d’administrer de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Clément MUAMBA