La République démocratique du Congo demeure attentive et suit de près le conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l’Iran, avec de lourdes conséquences dans cette région du monde où les besoins humanitaires ne cessent de croître. Les déplacements de populations augmentent, les services sont mis à rude épreuve et l’instabilité perturbe plusieurs activités telles que la mobilité, le commerce et les opérations d’aide.
Comme à l’accoutumée, toutes les deux semaines, soit au milieu de chaque mois, et intervenant comme invité lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 13 mars 2026, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a attiré l’attention du gouvernement sur les conséquences probables de la guerre au Moyen-Orient, notamment avec la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20 % de la production mondiale de produits pétroliers.
Depuis le 28 février, les frappes israélo-américaines sur l’Iran ont déclenché une crise qui dépasse largement le cadre militaire. Des médias internationaux rapportent que les Gardiens de la révolution iraniens affirment exercer un contrôle total sur le détroit d’Ormuz, un bras de mer de quelques kilomètres à peine, mais par lequel transite près de 20 % du pétrole consommé dans le monde. Le détroit d’Ormuz constitue ainsi un passage stratégique dont toute perturbation risque d’asphyxier l’économie mondiale.
Après la question liée au Moyen-Orient, André Wameso a ensuite présenté les développements récents de la conjoncture économique du pays. D’après le 15ᵉ gouverneur de l’histoire de la Banque centrale du Congo, la situation économique intérieure est demeurée globalement stable, tant sur les marchés des biens et services que sur ceux des changes.
Pour l’année 2026, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a rappelé que les dernières projections du Comité permanent de cadrage macroéconomique tablent sur un taux de croissance de 6,2 %.
"À la première semaine du mois de mars, le marché des biens et services renseigne une progression subtile du niveau général des prix, avec un taux d’inflation hebdomadaire de 0,15 % contre 0,13 % la semaine précédente. En cumul annuel, le taux d’inflation s’établit à 1,75 %, tandis qu’en glissement annuel il ressort à 2,11 %, contre respectivement 1,90 % et 10,63 % à la même période en 2025", rapporte le compte-rendu de la réunion tenue vendredi 13 mars.
Entre-temps, le gouverneur de la Banque centrale du Congo a fait savoir que le taux de change du franc congolais s’est établi à 2 147,79 francs congolais pour un dollar américain sur le marché indicatif et à 2 295,63 francs congolais sur le marché parallèle. Comparativement au 26 février 2026, la monnaie nationale s’est appréciée de 2,67 % sur le marché interbancaire et s’est légèrement dépréciée de 0,07 % sur le marché parallèle.
En rythme annuel, le numéro un de l’institution monétaire en République démocratique du Congo précise que la monnaie nationale a affiché une appréciation de 1,56 % sur le marché interbancaire et de 0,64 % sur le marché parallèle. Sur une base hebdomadaire, les cours mondiaux des principaux produits de base intéressant l’économie congolaise se sont globalement bien comportés.
"Le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) a conclu son intervention en réitérant ses recommandations au gouvernement, notamment le maintien d’une coordination étroite entre les politiques monétaires et budgétaires afin de préserver la stabilité macroéconomique, ainsi que la perception des impôts, taxes et redevances exclusivement en monnaie nationale pour soutenir la demande du franc congolais", ajoute le compte-rendu.
Pour l’année 2026, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo (BCC) projette une évolution maîtrisée du rythme de formation des prix au cours des douze prochains mois, dans un contexte de stabilisation du taux de change et de maintien d’une croissance économique robuste. Selon le communiqué final, l’économie devrait bénéficier de l’évolution favorable des cours des métaux, notamment le cuivre et le cobalt, tout en continuant à subir les effets des tensions géopolitiques mondiales et des barrières tarifaires. Sur le plan national, une atténuation des conflits dans la partie Est du pays est envisagée, en lien avec les engagements pris par les différentes parties.
Au regard de ces perspectives, le Comité de politique monétaire a décidé de poursuivre l’assouplissement de la politique monétaire amorcé au dernier trimestre 2025. Ainsi, le taux directeur passe de 17,5 % à 15,0 %, soit une réduction de 250 points de base, tandis que le taux des facilités de prêt marginal passe de 21,5 % à 19,0 %. Les autres instruments de politique monétaire, notamment les coefficients de la réserve obligatoire, demeurent inchangés : 10,5 % pour les dépôts à vue et 0,0 % pour les dépôts à terme en monnaie nationale, ainsi que 11,5 % et 10,5 % respectivement pour les dépôts à vue et à terme en devises.
Par ailleurs, le Comité de politique monétaire réaffirme son engagement à assurer un suivi rigoureux de l’évolution de la conjoncture économique, tant interne qu’externe, ainsi que de la liquidité au sein de l’économie, et se tient prêt à ajuster ses instruments si les conditions l’exigent.
Clément MUAMBA