RDC : le couloir cacaoyer Walikale–Maniema, une opportunité pour l’essor de l’agribusiness au Nord-Kivu

Walikale sur la carte
Walikale sur la carte

Le développement du couloir cacaoyer reliant le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, à la province du Maniema, apparaît comme une véritable opportunité pour la relance de l’agribusiness dans cette partie de l’est de la RDC. Grâce à cette dynamique, plusieurs agriculteurs se tournent désormais vers la culture du cacao, considérée comme une activité agricole rentable et durable.

Depuis plusieurs années, des milliers d’hectares sont progressivement consacrés à cette culture pérenne dans différentes localités de Walikale. Pour renforcer leur production et améliorer la commercialisation, les producteurs se regroupent au sein de coopératives agricoles, un modèle qui leur permet de mutualiser les efforts, d’accéder plus facilement aux marchés et d’augmenter la valeur de leur production.

" Le cacao est devenu pour nous une véritable source de revenus. Avant, nous dépendions surtout de l’orpaillage ou d’autres activités incertaines. Aujourd’hui, grâce au cacao, plusieurs familles arrivent à scolariser leurs enfants et à améliorer leurs conditions de vie ", témoigne un producteur membre d’une coopérative locale.

Le cacao cultivé dans le bassin de la rivière Lowa bénéficie d’une réputation particulière. Cultivé de manière entièrement biologique, sans engrais ni pesticides chimiques, il est considéré comme l’un des meilleurs de la région. Les premières récoltes significatives, enregistrées à partir de 2013, ont permis aux agriculteurs de disposer d’une production abondante, même si l’accès au marché constituait encore un défi à l’époque.

Aujourd’hui, cette production trouve progressivement des débouchés grâce à la transformation locale. À Goma, la chocolaterie Lowa transforme le cacao de Walikale en tablettes de chocolat, contribuant ainsi à valoriser cette ressource agricole locale. Les produits sont proposés en plusieurs variétés, notamment le chocolat noir, au lait et blanc, mais aussi des mélanges originaux intégrant du piment, du gingembre ou du poivre noir.

Pour les acteurs locaux, le renforcement du couloir économique entre Walikale et le Maniema pourrait encore améliorer la rentabilité de cette filière.

" Si les routes sont améliorées et si les producteurs sont mieux accompagnés, le cacao peut devenir l’un des moteurs économiques de Walikale. La demande existe déjà, mais il faut faciliter l’évacuation de la production vers les centres de transformation et les marchés ", explique Kitumaini Kasiwa, responsable d’une coopérative agricole.

Au-delà de la production agricole, la filière cacao crée également des opportunités d’emploi pour les jeunes. Plusieurs d’entre eux se lancent aujourd’hui dans l’agribusiness, attirés par les perspectives économiques qu’offre cette culture.

Pour de nombreux observateurs locaux, le couloir cacaoyer Walikale–Maniema pourrait ainsi devenir un levier important de développement rural, à condition de renforcer l’encadrement des producteurs, les infrastructures de transport et l’accès aux marchés nationaux et internationaux.