La prison de Gungu n’est pas subventionnée depuis un an, même les fournisseurs privés en vivres refusent de l’approvisionner à cause de l’insolvabilité

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La prison centrale de Gungu est plongée dans une situation critique. Elle n’a pas reçu de subvention du gouvernement central depuis un an, soit quatre trimestres. Les fournisseurs privés en vivres ont refusé d’accorder le moindre crédit en raison de l’insolvabilité. Une crise de confiance s’est installée depuis quelques mois et les aides ponctuelles tombent comme une goutte d’eau dans l’océan.

Les détenus passent parfois des nuits entières sans trouver à manger. Parmi les 68 détenus, au moins sept sont en état de malnutrition aiguë.

Au-delà de la prise en charge alimentaire, l’accès aux soins de santé est tout aussi difficile en l’absence de moyens conséquents. Un détenu est décédé dimanche après avoir présenté de la fièvre couplée à la faim.

La Ligue congolaise pour la défense et la promotion des droits humains parle d’une situation similaire dans la plupart des prisons de la province du Kwilu, à l’instar de Kikwit, Bulungu et Idiofa. Son coordonnateur, Me Valentin Mbalanga, rappelle qu’il est du devoir du gouvernement de remplir ses responsabilités.

« La prison centrale de Gungu ressemble aujourd’hui à un mouroir. Les prisonniers n’ont pas droit à l’alimentation ni à l’accès aux soins de santé. Des détenus qui s’y trouvent sont dans un état de malnutrition aiguë. Les droits à l’alimentation et à la santé sont tellement bafoués. C’est une obligation de l’État congolais de subventionner les prisons, non seulement celle de Gungu, mais aussi celle de Kikwit qui est dans la même situation, celle d’Idiofa et de Bulungu qui se retrouvent également dans la même situation », a déclaré Me Valentin Mbalanga, coordonnateur de la Ligue congolaise pour la défense et la promotion des droits humains.

Du nombre de ces détenus, aucun condamné n'est signalé. Ils sont tous en détention préventive prolongée suite à la carence des magistrats. Selon des sources proches, certains passeraient plusieurs mois sans être jugés.

Jonathan Mesa