Motion de défiance contre Jacquemain Shabani : en cas de vote, l'USN demande à ses députés de voter contre, un remaniement en vue

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Jacquemin Shabani, Vice-Premier Ministre, Ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières

La motion de défiance déposée contre le Vice-Premier ministre de l'Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, est inscrite à l'ordre du jour de la plénière de l'Assemblée nationale ce mercredi 29 avril 2026. Le document, signé par 56 députés nationaux et enregistré au cabinet du président de l'Assemblée le 23 avril, reproche au ministre une série de violations constitutionnelles graves, notamment des ingérences répétées dans le fonctionnement des institutions provinciales, une entrave au contrôle parlementaire et une gestion défaillante de la sécurité intérieure.

Face à cette procédure inédite sous la législature en cours, la direction de l'Union Sacrée de la Nation (USN) a adressé une note interne à ses députés pour les inviter à voter contre la motion. Signé par le secrétaire permanent André Mbata Mangu, le document reconnaît la légitimité constitutionnelle de la démarche des motionnaires, tout en estimant qu'une majorité au pouvoir ne saurait aller jusqu'à destituer un ministre issu de ses propres rangs.

L'argument central avancé par la direction de la majorité est celui de la prérogative présidentielle. La note révèle que le président Félix Tshisekedi a déjà annoncé un remaniement gouvernemental prochain, invitant les élus à « ne pas gêner la Haute Autorité Politique » dans sa décision souveraine du sort à réserver au VPM. En filigrane, le message est clair : laisser le chef de l'État régler lui-même la question, plutôt que de le court-circuiter par la voie parlementaire.

La note soulève par ailleurs la possibilité d'un rejet préalable de la motion pour irrecevabilité, si certains signataires venaient à contester leurs signatures, une porte de sortie procédurale qui permettrait à la majorité d'étouffer la procédure sans jamais parvenir au vote. Marquée « strictement confidentielle », la correspondance s'est pourtant rapidement retrouvée dans la presse, illustrant les tensions qui traversent la coalition présidentielle à l'approche d'une séance parlementaire à fort enjeu politique.

490 députés ont signé la liste de présence à la plénière du jour. « Nous sommes déjà là, en grand nombre, pour jouer notre rôle, celui de contrôler le gouvernement. Nous attendons que le VPM de l’Intérieur présente ses moyens de défense afin de nous permettre de décider en toute indépendance », a déclaré un député.