Deux deux personnes ont perdu la vie lundi dernier à la suite de l’écroulement d’un pont de fortune jeté sur la rivière Lowa, dans le territoire de Walikale. L’incident est survenu entre les localités de Mangere et Nyamimba, situées dans le groupement Waloa Loanda, dans le secteur des Wanianga.
Selon des sources locales, les victimes faisaient partie d’un groupe d’habitants revenant du marché de Mangere. En tentant de traverser la rivière, le pont en liane, principal ouvrage de franchissement dans cette zone enclavée, n’a pas résisté au poids des passants. La structure s’est brusquement effondrée, précipitant plusieurs personnes dans la rivière Lowa.
Le bilan fait état de deux décès. La première victime est un garçon âgé d’environ 10 ans, mort sur le coup. La seconde est un homme d’une quarantaine d’années, qui participait aux efforts de secours pour sauver les autres personnes tombées dans la rivière.
« Nous avons vu le pont céder sous nos yeux. C’était la panique totale. Certains ont réussi à s’accrocher aux branches, mais d’autres ont été emportés par le courant d’eau », témoigne un habitant de Nyamimba qui a vécu le drame.
Un autre rescapé évoque l’état précaire de l’infrastructure. « Ce pont est vieux et très fragile. Nous l’utilisons par manque d’alternative. Chaque traversée est un risque, mais nous n’avons pas le choix pour aller au marché ou rejoindre les villages voisins ».
Les deux victimes ont été inhumées ce mardi 28 avril à Nyamimba, dans une atmosphère de profonde émotion. La communauté locale, sous le choc, dénonce une tragédie évitable.
Au-delà du drame humain, cet incident a également entraîné l’interruption totale de la circulation entre Mangere et Nyamimba. Cette liaison est pourtant essentielle pour les échanges commerciaux et les déplacements quotidiens entre plusieurs villages du groupement Waloa Loanda, ainsi qu’avec certaines zones du territoire voisin de Masisi.
« Nous sommes désormais coupés du reste de la région. Les produits du marché ne peuvent plus circuler, et même accéder aux soins devient compliqué », alerte une habitante de Mangere.
Face à cette situation, les acteurs locaux dont les chefs coutumiers et membres de la société civile lancent un appel pressant aux autorités provinciales et aux partenaires humanitaires pour la construction d’un pont moderne et sécurisé.
« Ce n’est pas la première fois qu’un tel accident se produit. Il est urgent que le gouvernement intervienne pour nous doter d’une infrastructure digne. Nous ne voulons plus enterrer nos proches pour des causes évitables », insiste un notable du groupement Waloa Loanda.
Ce nouvel accident met en lumière les défis persistants liés au manque d’infrastructures de base dans plusieurs zones rurales du Nord-Kivu, où les populations continuent de risquer leur vie au quotidien pour assurer leur survie économique.