Reconnaissance du Genocost : CIAVAR et FONAREV mobilisent les étudiants de Lubumbashi et lancent un programme de financement des travaux scientifiques sur le génocide

Photo d'illustration
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La Commission institutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIAVAR), en partenariat avec le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), a organisé, mercredi 29 avril 2026 à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, une conférence de sensibilisation à l’intention des étudiants. Tenue dans la salle Monseigneur Tharcisse Tshibangu de l’Université de Lubumbashi, cette rencontre a réuni plusieurs centaines d’étudiants issus notamment de l’Université de Lubumbashi et de l’Université protestante de Lubumbashi. Elle s’inscrit dans le cadre d’une tournée universitaire nationale consacrée à la reconnaissance des génocides commis en République démocratique du Congo et à l’appropriation du concept de « Génocost », entendu comme des crimes perpétrés pour des intérêts économiques.

Après une première étape lancée en mars à Kisangani, Lubumbashi constitue la deuxième phase de cette initiative. 

Plusieurs intervenants ont pris la parole au cours de cette conférence. Le professeur Oscar Numbi, représentant la Conférence des chefs d’établissements du Haut-Katanga, a salué l’initiative, soulignant l’importance du combat pour la reconnaissance de ces crimes.

De son côté, Micheline Makengo, coordinatrice adjointe de la CIAVAR, a rappelé les objectifs de la tournée, centrés sur la sensibilisation du milieu universitaire et la promotion de la recherche.

Un programme de financement destiné à soutenir les travaux académiques sur le « Génocost » a également été présenté. Ce fonds prévoit des subventions pour les étudiants en licence, en master ainsi que pour les chercheurs confirmés, avec un déploiement prévu dans douze universités pilotes du pays.

Préserver la mémoire et encourager un narratif cohérent

Représentante du FONAREV, Emmanuella Zandi a insisté sur l’importance de la démarche engagée :

« Cette sensibilisation vise notamment le lancement du fonds universitaire pour les recherches sur le génocide, le génocost et les crimes graves commis en RDC. Il est important aujourd’hui de préserver la mémoire collective et d’avoir un narratif cohérent sur ce qui s’est réellement passé. »

Elle a également évoqué le rôle de cette initiative dans la justice transitionnelle, en lien avec les garanties de non-répétition et la promotion d’une paix durable.

 Une démarche vers la reconnaissance internationale

Intervenant comme panéliste, Justin Bahirwe, conseiller technique du FONAREV, a mis l’accent sur la dimension juridique et internationale de cette initiative :

« Les faits documentés ne doivent pas rester impunis et sont constitutifs d’actes de génocide. Nous sommes dans un processus de reconnaissance de ce génocide au niveau international pour aboutir à la mise en place d’un Tribunal pénal international pour la RDC. »

Il a appelé à une appropriation collective de cette démarche par les Congolais, afin de prévenir de nouvelles exactions.

 Un appui institutionnel à la recherche académique

Représentant le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, Franck Otete a, pour sa part, souligné l’intérêt de ce programme pour le monde académique :

« Cette initiative permet aux étudiants et aux chercheurs d’avoir des moyens suffisants pour se consacrer à la recherche et contribuer à la résolution des problèmes de la communauté. »

La conférence s’est poursuivie par des panels thématiques, notamment animés par le docteur Junior Mumbala en droit international humanitaire, ainsi que par Justin Bahirwe, autour des faits documentés dans la région du Kivu.

À travers cette activité, les organisateurs entendent renforcer la sensibilisation des jeunes universitaires et encourager la production de connaissances autour des crimes graves commis en RDC, dans une perspective de mémoire, de justice et de paix durable.