Au lendemain de l’attaque de drones visant la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda, faisant des dégâts dont la mort d’une Française, humanitaire travaillant pour l’UNICEF, le président de l’Alliance pour le Changement (A.Ch) et de la Coalition de la Gauche congolaise, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, lance un appel à la désescalade et au cessez-le-feu afin de préserver des vies humaines dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans sa réaction publiée jeudi 12 mars 2026 sur X, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale, JM Kabund, estime que l’option militaire n’est pas une solution à la crise actuelle et que seule une approche politique peut résoudre le problème. Il en profite pour appeler à l’isolement du Rwanda et à la tenue d’un dialogue national inclusif entre Congolais, afin de retrouver l’intégrité du territoire national et la dignité du peuple congolais.
"Nous appelons à une désescalade et à un cessez-le-feu immédiat afin de préserver des vies humaines. Combien de fois faudra-t-il encore rappeler que la solution à cette guerre est avant tout politique ? Nous voulons croire qu’il reste encore un peu de raison chez ceux qui pensent avoir raison contre tout le monde, y compris contre ceux de leur camp. Continuer à surfer sur les souffrances du peuple congolais pour des calculs de positionnement politique à très court terme est une grave erreur. Le peuple finira toujours par reprendre l’initiative et renverser la situation en sa faveur. Il est temps d’isoler l’agresseur, le Rwanda, en ouvrant un dialogue politique inclusif où les fils et filles du Congo se parleront, se pardonneront et reconstruiront la cohésion nationale afin de préserver ce que nous avons de plus précieux : l’intégrité territoriale de notre pays et la dignité de notre peuple", a déclaré Jean-Marc Kabund a Kabund.
Selon un bilan communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont été enregistrés. Après une longue période de silence, le gouvernement congolais a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville de Goma, dans l’est du pays, qui ont fait plusieurs victimes, dont une employée de l’UNICEF. Pour l’AFC/M23, Kinshasa serait derrière ces attaques.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la RDC. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est du pays en janvier 2026, contre 48 incidents en décembre 2025.
Sur le plan diplomatique, les initiatives, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain. Dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, et de violences sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, la situation humanitaire et sécuritaire demeure précaire et préoccupante, aggravée par le soutien présumé du Rwanda à l’AFC/M23.
Clément MUAMBA