L’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain a imposé, ce jeudi 30 avril, des sanctions à l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabange Kabila, pour son soutien au Mouvement du 23 mars (M23) et à l’Alliance du fleuve Congo (AFC). Il s’agit d’un mouvement rebelle qui a conquis de vastes portions de territoire dans l’est de la RDC, notamment les chefs-lieux des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que d’autres localités de ces deux provinces, avec le soutien militaire, financier et logistique direct des Forces de défense rwandaises (RDF).
Selon un communiqué parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD, l’OFAC indique que cette démarche, visant le quatrième président de l’histoire de la RDC, s’inscrit dans le cadre du soutien au processus de paix en cours, notamment à travers l’accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali sous les auspices de l’administration Trump, ainsi que leur engagement à promouvoir un cadre d’intégration économique régionale visant à développer le commerce et les investissements, à renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et à ouvrir la voie à des investissements plus importants dans la région.
" Le président Trump ouvre la voie à la paix en République démocratique du Congo et il a clairement indiqué que ceux qui continuent de semer l’instabilité devront répondre de leurs actes ", a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent . " Le Trésor continuera d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour garantir l’intégrité des accords de Washington ", a-t-il martelé dans le communiqué
L’OFAC a désigné Joseph Kabila conformément au décret exécutif (EO) 13413, tel que modifié par le décret exécutif 13671, pour avoir apporté une aide matérielle, un parrainage ou un soutien financier, matériel ou technologique, ainsi que des biens ou des services à l’appui du M23 et de l’AFC. À la suite de la décision prise ce jeudi 30 avril 2026, tous les biens et intérêts patrimoniaux de la personne désignée ou bloquée décrite ci-dessus, situés aux États-Unis ou détenus ou contrôlés par des personnes américaines, sont bloqués et doivent être déclarés à l’OFAC.
De plus, précise l'OFAC, toute entité détenue, directement ou indirectement, individuellement ou collectivement, à hauteur de 50% ou plus par une ou plusieurs personnes bloquées est également considérée comme bloquée. Sauf autorisation accordée par une licence générale ou spécifique délivrée par l’OFAC, ou en cas d’exemption, la réglementation de l’OFAC interdit généralement toute transaction effectuée par des personnes américaines ou sur le territoire des États-Unis (y compris en transit) et portant sur des biens ou intérêts patrimoniaux de personnes bloquées.
Cette nouvelle sanction intervient plus d’un mois après que l’OFAC du département du Trésor américain a imposé des sanctions aux Forces de défense rwandaises (FDR), l’armée du Rwanda, ainsi qu’à quatre de leurs hauts responsables. Les FDR soutiennent activement, entraînent et combattent aux côtés du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé sanctionné par les États-Unis et les Nations unies, responsable de violations des droits humains et d’une crise de déplacements massifs de population en RDC.
Sur le plan interne, Joseph Kabila a déjà été accusé de ces faits de soutien à la rébellion de l’AFC/M23, ce qui lui a valu une condamnation à la peine de mort par la Haute Cour militaire de la RDC, en son absence à Kinshasa, compliquant davantage son retour dans la capitale malgré ses appels, avec son mouvement, à la tenue d’un dialogue national. Sa famille politique a toujours rejeté ces accusations, estimant qu’il s’agit d’un complot du régime Tshisekedi visant à écarter un adversaire de la scène politique.
Clément MUAMBA