L’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain accuse l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila Kabange, d’être de mèche avec la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda et contrôlant de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Ces éléments ont conduit l’OFAC à lui imposer des sanctions, estimant que Joseph Kabila contribue à la déstabilisation de cette partie du pays.
Selon un communiqué rendu public jeudi 30 avril, l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain révèle que Joseph Kabila a incité des militaires des FARDC à faire défection au profit de la rébellion de l’AFC/M23.
" Avec l'arrivée de l'AFC et la rébellion renouvelée du M23, Kabila est retourné en RDC avec l'intention de déstabiliser le gouvernement de la RDC en soutenant le M23 et l'AFC. Joseph Kabila a apporté un soutien financier aux Forces armées de la RDC (AFC) afin d'influencer la situation politique dans l'est du pays. Il a incité des soldats des Forces armées de la RDC (FARDC) à faire défection et à rejoindre les forces de l'AFC dans cette région, dans le but de renforcer leur soutien ", lit-on dans le communiqué
Par ailleurs, poursuit l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain, Joseph Kabila a tenté de lancer des attaques depuis l'étranger contre les FARDC dans l'est de la RDC, mais sans succès. Selon la source citée, il a œuvré à la nomination d'un candidat opposé au président actuel de la RDC, dans l'optique de regagner de l'influence sur le gouvernement.
L’OFAC indique que cette démarche, visant le quatrième président de l’histoire de la RDC, s’inscrit dans le cadre du soutien au processus de paix en cours, notamment à travers l’accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali sous les auspices de l’administration Trump, ainsi que leur engagement à promouvoir un cadre d’intégration économique régionale visant à développer le commerce et les investissements, à renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et à ouvrir la voie à des investissements plus importants dans la région.
L’OFAC a désigné Joseph Kabila conformément au décret exécutif (EO) 13413, tel que modifié par le décret exécutif 13671, pour avoir apporté une aide matérielle, un parrainage ou un soutien financier, matériel ou technologique, ainsi que des biens ou des services à l’appui du M23 et de l’AFC. À la suite de la décision prise ce jeudi 30 avril, tous les biens et intérêts patrimoniaux de la personne désignée ou bloquée décrite ci-dessus, situés aux États-Unis ou détenus ou contrôlés par des personnes américaines, sont bloqués et doivent être déclarés à l’OFAC.
De plus, précise l'OFAC, toute entité détenue, directement ou indirectement, individuellement ou collectivement, à hauteur de 50% ou plus par une ou plusieurs personnes bloquées est également considérée comme bloquée. Sauf autorisation accordée par une licence générale ou spécifique délivrée par l’OFAC, ou en cas d’exemption, la réglementation de l’OFAC interdit généralement toute transaction effectuée par des personnes américaines ou sur le territoire des États-Unis (compris en transit) et portant sur des biens ou intérêts patrimoniaux de personnes bloquées.
Cette nouvelle sanction intervient plus d’un mois après que l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain a imposé des sanctions aux Forces de défense rwandaises (FDR), l’armée du Rwanda, ainsi qu’à quatre de leurs hauts responsables. Les FDR soutiennent activement, entraînent et combattent aux côtés du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé sanctionné par les États-Unis et les Nations unies, responsable de violations des droits humains et d’une crise de déplacements massifs de population en République démocratique du Congo (RDC).
Sur le plan interne, l’ancien chef de l’État Joseph Kabila a déjà été accusé de ces faits de soutien à la rébellion de l’AFC/M23, ce qui lui a valu une condamnation à la peine de mort par la Haute Cour militaire de la RDC, en son absence à Kinshasa, compliquant davantage son retour dans la capitale malgré ses appels, avec son mouvement, à la tenue d’un dialogue national. Sa famille politique a toujours rejeté ces accusations, estimant qu’il s’agit d’un complot du régime Tshisekedi visant à écarter un adversaire de la scène politique.
Clément MUAMBA