Des réactions fusent de partout à l’international à la suite des attaques de drones visant la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Au-delà des dégâts matériels, ces incidents ont touché les humanitaires, provoquant notamment la mort d’une Française travaillant à l’UNICEF, l’agence des Nations unies chargée de la protection des enfants.
Condamnant ces attaques, Maxime Patrick Robert Albert Prévot, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, a rappelé que ce type d’attaques se multiplie en violation du cessez-le-feu par toutes les parties au conflit.
"L’attaque de drone à Goma ce matin a coûté la vie à une humanitaire et à plusieurs civils.Ce n’est malheureusement pas un incident isolé — on constate la multiplication de ce type d’attaques, en violation du cessez-le-feu, menées par toutes les parties ces derniers temps. Je condamne fermement ces violences aveugles, sans exception", a-t-il réagi sur X ce mercredi 11 mars.
Pour le chef de la diplomatie belge, il est temps de déposer les armes et de faire avancer le dialogue entre les parties.
"Les armes doivent se taire. Place à la négociation. La protection des humanitaires qui dédient leur vie aux plus vulnérables est un impératif absolu.Mes sincères condoléances aux familles des victimes", a-t-il ajouté.
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, actuellement sous contrôle de la rébellion de l'AFC/M23, a été la cible de frappes de drones attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’ont révélé tôt ce mercredi 11 mars 2026 les dirigeants de ce mouvement rebelle, qui contrôle également de vastes pans des provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. Son porte-parole promet de fournir de plus amples informations dans les prochaines heures.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque visant la ville de Goma relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est de la RDC en janvier 2026, soit une baisse par rapport aux 48 incidents recensés en décembre 2025.
Bien avant ces incidents qui touchent désormais la ville de Goma, dans une déclaration conjointe rendue publique jeudi 5 mars, la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur profonde inquiétude face aux violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Ces cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités.
Selon ces États, ainsi que l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la Suède, ces violations incluent notamment l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant gravement en danger les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent, selon eux, s’engager de toute urgence et sans ambiguïté à cesser les hostilités et à reprendre les négociations. Ils estiment par ailleurs qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23
Clément MUAMBA