ACTUALITE SOIR- Lundi 9 mars - constitution, cessez-le-feu et insécurité, ce qu’il faut retenir

ACTUALITE.CD, la référence de l'actualité en RDC
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Le fait du jour

La Constitution au cœur des turbulences politiques. Le débat sur la révision de la loi fondamentale s'emballe ce lundi. Le mouvement citoyen Lucha hausse le ton et qualifie l'ambition de l'Union sacrée d'« indécence criminelle », estimant que la priorité nationale est la libération des terres occupées par l'AFC/M23, pas la retouche des textes. Dans le même temps, la pétition visant à destituer Modeste Bahati Lukwebo de son poste de deuxième vice-président du Sénat franchit un nouveau cap : 37 signatures déjà recueillies, selon son initiateur, le sénateur Dany Kabongo. La rentrée parlementaire est prévue le 15 mars.

Sur le terrain

L'AFC/M23 a remis au CICR plus de cinq mille soldats des FARDC capturés sur différents fronts. La cérémonie s'est tenue le 2 mars à Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru. Le CICR se dit prêt à accompagner leur transfert vers Kinshasa. La rébellion dit réaffirmer ainsi sa volonté de respecter les engagements pris dans le cadre du processus de Doha. Elle accuse néanmoins Kinshasa de refuser de libérer ses propres détenus et de poursuivre ses violations du cessez-le-feu.

Par ailleurs, la circulation sur la RN1 entre Kikwit et Kinshasa est fortement perturbée. La société civile du Kwango a recensé au moins dix barrières illégales sur ce tronçon, tenues par des agents de la police, de l'armée et d'autres services non identifiés. Les chauffeurs sont rançonnés sans document ni quittance. La société civile demande la mise en place d'une commission mixte et la suppression immédiate de ces barrières.

Société

Le groupe politique AFDC-A au Sénat prend ses distances avec Bahati Lukwebo. Dans une déclaration ce lundi, ses sénateurs précisent que sa sortie médiatique contre la révision constitutionnelle n'a jamais été discutée ni validée en leur sein. Ils se désolidarisent de cette position et invitent leur chef à « tirer les conséquences politiques qui s'imposent ». Ils réaffirment par ailleurs leur soutien au président Tshisekedi et saluent les accords de Washington dont la ratification est attendue au Parlement.

À Kinshasa, les enlèvements se multiplient. Face à ce fléau, le ministère provincial des Transports annonce des mesures pour réguler les VTC : identification formelle des véhicules, QR code obligatoire, carte professionnelle pour les chauffeurs, géolocalisation en temps réel via les plateformes numériques. À partir du 23 mars, les contrevenants seront considérés comme suspects et s'exposeront à des sanctions administratives et pénales.

Ils ont dit

« Engager le pays dans un chantier constitutionnel clivant alors que l'intégrité du territoire national est rompue n'est pas seulement une erreur politique, c'est une indécence criminelle. » La Lucha, dans un communiqué ce lundi.

« La Constitution sera coûte que coûte touchée. »  Augustin Kabuya, secrétaire général de l'UDPS, samedi.

« Le football doit demeurer un espace de fair-play, de respect et de fraternité. Il ne saurait être transformé en champ de ruines. » Le TP Mazembe, dans sa mise au point sur les incidents du derby de dimanche.

Ils témoignent

« Les usagers de ce tronçon sont victimes de multiples tracasseries. On observe des perceptions illégales, des contrôles abusifs, des retards injustifiés. Des fois vous êtes fouettés et inquiétés si vous ne donnez pas l'argent. » — Symphorien Kwengo, vice-président du cadre de concertation de la société civile du Kwango, sur les barrières illégales de la RN1.

À surveiller demain

L'ouverture de la session parlementaire de mars est prévue le 15 mars. La pétition contre Bahati Lukwebo devrait être déposée dès ce jour. À suivre aussi : les décisions de la Linafoot sur les incidents du derby Mazembe-Lupopo, et les suites du transfert des soldats des FARDC libérés par l'AFC/M23.

Ce soir, on retient

La Constitution divise, la guerre continue, et les routes saignent. Ce lundi, trois fractures traversent l'actualité congolaise : une classe politique déchirée sur l'avenir de la loi fondamentale pendant que l'est du pays brûle, un processus de paix qui avance à petits pas avec la remise de cinq mille soldats, et des citoyens ordinaires pris en étau entre kidnappeurs à Kinshasa et barrières illégales sur la RN1.