Le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, a présenté un état des lieux de la situation opérationnelle et sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, marquées par la persistance de la menace terroriste des ADF et de l’agression extérieure menée à travers la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
Guy Kabombo a fait cette mise au point dans sa note d’information présentée lors de la 92e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 12 juin 2026 à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Revenant sur les opérations menées contre les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF), qui continuent de semer la mort et la désolation parmi les populations civiles dans cette partie du pays, le ministre a indiqué que la pression exercée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le territoire de Mambasa, en Ituri, a contraint ces terroristes à se disperser et à se replier vers d’autres zones, notamment dans la province du Haut-Uele.
Selon le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, Il a toutefois rassuré que leur traque se poursuit activement sur le terrain par les forces de défense et de sécurité.
"Le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale a indiqué que, suite à la pression exercée par nos forces armées sur les terroristes ADF dans les territoires de Mambasa, ces derniers se sont dispersés en petits groupes vers les territoires de Watsa, dans le Haut-Uele, et de Beni dans le Nord-Kivu, ils ont mené des attaques contre la population civile et leur traque se poursuit", a-t-il fait savoir dans le compte rendu de la réunion
Abordant la situation liée à l’agression rwandaise dans l’Est du pays, le ministre a souligné la résilience et l’efficacité des FARDC face aux offensives ennemies. Le Vice-Premier ministre a également salué l’engagement des militaires congolais sur les différents fronts, réitérant la détermination du gouvernement à défendre l’intégrité territoriale du pays.
"Face à l’agression, en dépit de l’emploi des drones tactiques de l’armée rwandaise et du renforcement des troupes de la coalition RDF/AFC/M23 en hommes et en matériel, les unités de nos forces armées déjouent systématiquement et mettent en échec les actions de l’ennemi dans plusieurs localités, tant au Nord-Kivu qu’au Sud-Kivu. Il a enfin rassuré de la détermination de nos forces armées, qui font preuve de bravoure, de professionnalisme et surtout d’un esprit de sacrifice pour protéger nos compatriotes et défendre la patrie contre l’ennemi"a rassuré le patron de la Défense nationale et anciens combattants dans le compte rendu de la réunion
Proclamé au début du mois de mai 2021, l’état de siège en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, totalise désormais cinq années depuis le mois de mai 2026. Cette mesure exceptionnelle continue d’être dénoncée par plusieurs acteurs sociopolitiques de ces deux provinces en raison de l’absence de résultats tangibles sur le terrain.
Les violences armées perpétrées par les groupes armés ne cessent de s’intensifier. Les ADF ainsi que d’autres forces négatives continuent de défier l’autorité de l’État et de semer la désolation parmi les populations civiles, provoquant d’importants déplacements de femmes, d’enfants et de familles entières, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Cette mesure d’exception a également coïncidé avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui occupe de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Jusqu’à présent, les différentes initiatives militaires engagées pour neutraliser cette rébellion n’ont pas abouti, malgré l’optimisme affiché par les autorités gouvernementales.
La communauté internationale estime majoritairement que cette crise sécuritaire ne peut trouver une solution uniquement militaire, mais nécessite également une approche politique et diplomatique. À ce jour, les initiatives diplomatiques conduites notamment par les États-Unis et le Qatar peinent encore à produire les effets escomptés sur le terrain, marqué par la poursuite des hostilités entre la rébellion soutenue par le Rwanda et les forces gouvernementales congolaises.
Clément MUAMBA