Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, James Swan, a réaffirmé l'engagement de la Mission onusienne à soutenir les initiatives visant au rétablissement de la paix dans l'est du pays. Il l'a fait savoir à l'issue de sa deuxième visite à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, depuis sa prise de fonction. Cette ville est actuellement sous le contrôle de la rébellion de l'AFC/M23.
Dans un communiqué publié à l'issue de son séjour, ce vendredi 12 juin 2026, dont une copie est parvenue à la rédaction de ACTUALITE.CD, la MONUSCO a indiqué que cette visite s'inscrivait dans le cadre de son mandat défini par la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies.
"La MONUSCO demeure engagée en faveur des efforts de paix dans l'est de la RDC, conformément à son mandat au titre de la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies", a souligné dans le communiqué James Swan.
Au cours de son séjour à Goma, le chef de la MONUSCO a tenu plusieurs réunions avec des acteurs impliqués dans les mécanismes de paix et de sécurité. Il a notamment rencontré séparément des représentants de l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), ainsi que le commandant et d'autres membres du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (MCVE+).
Ces échanges ont porté sur les efforts en cours visant à renforcer les mécanismes de suivi et de vérification du cessez-le-feu dans l'Est de la RDC. James Swan a également échangé avec les équipes de la MONUSCO et des Nations Unies déployées à Goma afin d'évaluer la situation sécuritaire, politique et humanitaire dans la région, ainsi que les priorités opérationnelles de la Mission.
Les discussions ont notamment porté sur les défis humanitaires actuels et la réponse apportée à l'épidémie d'Ebola qui affecte certaines zones de l'est du pays. À cette occasion, le chef de la MONUSCO a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différentes initiatives diplomatiques engagées pour parvenir à une paix durable.
"Au cours de sa visite, M. Swan a réitéré l’importance de faire progresser les efforts de paix régionaux, internationaux et nationaux et d’en assurer la cohérence, notamment dans le cadre des processus de Washington, de Doha et de l’Union africaine. Il a souligné que la MONUSCO demeure prête, dans le cadre de son mandat, à appuyer la mise en œuvre de ces processus de paix", rassure la mission de l'ONU dans le communiqué
Le nouveau patron de la MONUSCO a pris la direction de la mission à la suite du renouvellement d’un mandat d’un an par le Conseil de sécurité des Nations unies, valable jusqu’au 20 décembre 2026. Il aura la lourde responsabilité de mettre en œuvre la résolution de ce nouveau mandat sur le terrain. Appelée résolution 2808, cette décision fixe que la MONUSCO maintiendra un effectif maximum autorisé de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées.
Les priorités stratégiques de la mission consistent à : contribuer à la protection des populations civiles dans sa zone de déploiement ; réaliser les objectifs fixés par la résolution 2773 (2025) ; stabiliser et renforcer les institutions de l’État en RDC.
Contrairement aux précédents mandats, la résolution 2808 marque une pause dans le désengagement progressif de la MONUSCO, en raison de la dégradation persistante de la situation sécuritaire en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où la mission doit surveiller le cessez-le-feu. Portée par la France, la résolution intègre également de nouveaux cadres diplomatiques, notamment l’Accord de paix de Washington (signé en juin 2025 entre la RDC et le Rwanda) et l’Accord de paix de Doha (novembre 2025). Dans ce contexte, la MONUSCO est appelée à jouer un rôle accru dans le soutien à un cessez-le-feu permanent, notamment à travers un mécanisme de suivi et de vérification.
Clément MUAMBA