Le Bureau du Sénat de la République démocratique du Congo s’est réuni samedi 7 mars 2026 dans ses installations pour examiner les préparatifs de la rentrée parlementaire du mois de mars, initialement prévue le 15 mars mais reportée au 16, étant donné que le 15 tombe un dimanche. Cette réunion, présidée par le président de la Chambre haute du Parlement, Jean-Michel Sama Lukonde, a passé en revue les grandes orientations des travaux parlementaires de la session de mars 2026, axée essentiellement sur le contrôle parlementaire.
Outre les questions liées à la rentrée parlementaire qui intervient dans un contexte sécuritaire préoccupant dans l’Est de la RDC, une grande partie du territoire étant sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda, et dans un contexte politique toujours tendu, le Bureau du Sénat a abordé un point d’actualité concernant la sortie médiatique du 2ᵉ vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, au sujet de la Constitution de la République, lors de sa conférence de presse du 4 mars 2026.
Selon la rapporteure du Sénat, Nerfititi Ngundianza, le Bureau tient à préciser avec la plus grande clarté, à l’opinion nationale et internationale, que les propos tenus par le sénateur Modeste Bahati, relatifs à la révision ou au changement de la Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006, ont été exprimés à titre strictement personnel et n’engagent en aucune manière l’institution sénatoriale dans son ensemble.
"Dans un contexte national marqué par l'agression dont le pays est victime et exige plus que jamais responsabilité, retenue et sens élevé de l"intérêt supérieur de la Nation, le bureau a tenu à attirer l'attention de tous les sénateurs sur toute prise de position individuelle, susceptible d'entretenir la confusion au sein de l'opinion", a laissé entendre Nerfititi Ngundianza devant la presse.
Au nom du Bureau de la chambre haute du Parlement, elle a rappelé que "les institutions de la République doivent demeurer des espaces de cohésion, de stabilité et de responsabilité politique et non le cadre d'expressions individuelles susceptibles de fragiliser l'unité nationale".
"Dans l'intérêt supérieur de la Nation, le bureau du Sénat réaffirme son attachement aux idéaux de Paix ,d'Unité et de Souvetaineté nationale défendus par son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo", a ajouté la Rapporteure de la. Chambre haute du Parlement.
Notons par ailleurs que le Sénat rappelle enfin à l"ensemble des acteurs politiques et institutionnels à faire preuve de discipline républicaine et de solidarité nationale.
En dépit du contexte sécuritaire préoccupant dans l’Est de la République démocratique du Congo, marqué par de violents combats opposant la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, aux forces gouvernementales, le 20ᵉ anniversaire de la Constitution congolaise, célébré le 18 février de chaque année, a une nouvelle fois ressuscité le débat dans l’environnement sociopolitique congolais sur son maintien, sa révision ou son changement.
Alors que la question divise la classe socio politique congolaise, interrogé sur ce qu’il pense de ceux qui estiment que l’actuel Chef de l’État, Félix Tshisekedi, n’a pas des mandats mais des missions à la tête du pays, Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat et haut cadre de l’Union sacrée de la Nation, dit voir les choses autrement. Il affirme considérer le Chef de l’État comme un républicain disposant d’un mandat qui s’achève en 2028, avant d’envisager toute autre possibilité.
Réagissant à l’avis du constitutionnaliste Evariste Boshab et collègue professeur, qui a récemment affirmé qu’après 17 ans une Constitution peut être retouchée, l’autorité morale de l’AFDC-A dit ne pas partager cette position. Pour l’ancien président du Sénat, la RDC n’a pas un problème de textes, mais plutôt un problème d’hommes censés mettre en application les différentes dispositions légales.
Cette position de l’autorité morale de l’AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo, n’a pas été bien accueillie au sein de sa famille politique. À ce jour, l’élu du Sénat fait l’objet d’une pétition qui sera déposée dès l’ouverture de la session de mars, visant sa déchéance du poste de deuxième vice-président de la chambre haute du Parlement.
Clément MUAMBA