FICRA 3 : le poète Daniel Bila illumine la troisième journée avec son concert slam "Alerte"

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Le slameur Bila Daniel sur la scène de Wallonie-Bruxelles

Le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa abrite, depuis ce 24 février 2026, la troisième édition du Festival international des créations et des rencontres artistiques (FICRA). La troisième journée, ce jeudi 26 février a été marquée par la prestation artistique de l’artiste Daniel Bila. Surnommé le "poète non instruit", il a illuminé la scène avec son concert slam intitulé "Alerte". À travers ce spectacle, il a lancé un cri d’alarme sur la perte progressive de l’humanisme, en RDC comme ailleurs.

Son message central : rappeler à chacun, citoyens, dirigeants et communauté internationale, la nécessité de retrouver l’humanité dans la gouvernance et dans les rapports sociaux. « Le message clé, c'est que nous alertons l'humanité de bien essayer de sentir son humanisme puisque nous sommes en perte de vitesse de l'humanisme, de personnalité », a-t-il déclaré.

Il a dénoncé les dérives du pouvoir, les promesses non tenues, la mauvaise gestion publique ainsi que les pressions extérieures, tout en rendant hommage à ceux qui luttent pour le changement, souvent au prix de calomnies ou de persécutions.

Daniel Bila a également évoqué la condition de la femme africaine. Il a appelé à une revalorisation de son identité et de sa beauté naturelle. À l’issue du spectacle, il s’est dit soulagé et satisfait d’avoir pu transmettre « le message qu’on a dans le ventre pour le pays, pour la femme, pour l’humanité ».

Du théâtre et de la percussion

Outre le slam, la troisième journée du FICRA a également été marquée par la représentation de la pièce « Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais », écrite par Jocelyn Danga et mise en scène par Aaron Lukamba. La pièce propose une plongée intime et bouleversante dans la réalité d’un enfant soldat, à travers le monologue d’un jeune homme incapable d’écrire à sa mère depuis le front.

Sur scène, une nuit. Une tente. Un jeune soldat seul face à une lettre qu’il n’arrive peut-être pas à écrire. À l’extérieur, la guerre. À l’intérieur, le silence. C’est dans cette tension dramatique que se déploie le spectacle, interprété par le comédien et chorégraphe Jonathan Buba, formé à l’Institut national des arts (INA) et membre de la compagnie Théâtre Fleuve.

La soirée s’est clôturée avec le spectacle "Zingoma" du groupe Nsango Mbonda dirigé par Jimmy Mbonda. Le groupe, réputé pour ses performances percutantes à Kinshasa, propose des spectacles mêlant percussions traditionnelles (ngoma, lokolé) et danses acrobatiques.

La troisième édition du Festival international des créations et des rencontres artistiques (FICRA) se poursuit jusqu’au 28 février prochain.

Placée sous le thème "La diversité culturelle par les arts pour la paix", cette nouvelle édition entend promouvoir la rencontre des disciplines et des sensibilités artistiques. Théâtre, conte, danse, musique, slam et performances interdisciplinaires rythment ces journées dédiées à la création contemporaine.

James Mutuba