RDC : Le PPRD–Diaspora exige la dissolution du Conseil national de cyberdéfense

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Emmanuel Shadary, Le Secrétaire permanent du PPRD

Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) en diaspora réclame la dissolution du Conseil national de cyberdéfense (CNC) qu’il accuse de dérives et d’intimidation.

Dans un communiqué rendu public ce 25 janvier , le parti de l’ancien président Joseph Kabila appel également l’Europe a  agir face notamment aux arrestations politiques ciblant ses cadres.

« Le pouvoir de Kinshasa insulte ces efforts par la multiplication des arrestations politiques, la criminalisation de l’opposition, la réintroduction de facto de la peine de mort et l’émergence d’appareils parallèles de surveillance et de coercition dont le Conseil national de cyberdéfense (CNC), dénoncé par plusieurs observateurs comme une police politique de type Gestapo technologique » peut-on lire dans le communiqué.

Le PPDD-Diaspora salue la Belgique et la France pour leurs positions en faveur d’un dialogue national inclusif pour résoudre la crise en RDC

« Pour sa cohérence et sa vocalité, désormais rares dans le concert des Nations face aux dérives observées à Kinshasa, mention spéciale est faite à la Belgique » ajoute le communiqué.

A Kinshasa, le 19 janvier, une délégation du PPRD a été reçue par l’ambassadrice de Belgique. Les échanges ont porté sur « la détérioration de la situation sécuritaire et du climat politique, caractérisés par des enlèvements et arrestations visant des membres de l’opposition et des journalistes avec mention de cas dont notre Vice-président Aubin Minaku, notre Secrétaire Permanent Emmanuel Ramazani Shadary, nos camarades Parole Kamizelo, Dunia Kilanga, Onassis Kavul et d’autres tels Nathanaël Onokomba ».

Le  22 janvier à Bruxelles , le parti de Joseph Kabila a été reçu au ministère belge des Affaires étrangères afin de transmettre un position paper et d’échanger sur la décrispation, le dialogue politique inclusif et la paix régionale .

Selon ce même document, il s’en dégage « une convergence de vues sur la nécessité d’arrêter la criminalisation de l’opposition, d’engager des mesures de décrispation et de créer les conditions d’un dialogue politique crédible pour conclure l’alternance politique dans les délais constitutionnels ».

Le parti rappelle que « la réintroduction de la peine de mort et son usage dans un contexte de judiciarisation politique notamment à travers des procédures visant le Président Joseph Kabila, constituent une escalade incompatible avec l’État de droit ».

Le PPRD demande aussi « la dissolution pure et simple du Conseil national de cyberdéfense (CNC), dont les dérives alléguées et les méthodes d’intimidation, de harcèlement et de coercition extralégale ont été dénoncées par des observateurs et experts. Un organe présenté comme outil technique de cybersécurité ne peut devenir un instrument de police politique ».

A quelques jours  du Conseil des ministres européens du 29 janvier, le PPRD–Diaspora exhorte l’Europe à « exiger la libération immédiate des cadres et militants du PPRD et, plus largement des détenus politiques et d’opinion, à soutenir des mesures de décrispation vérifiables, fin des arrestations politiques, fin des détentions extralégales et à appuyer un dialogue national réellement inclusif sans exclusions arbitraires, condition indispensable à une paix durable, à la stabilité institutionnelle et à la restauration des libertés publiques pour conclure l’alternance politique constitutionnelle ».

Cette déclaration intervient alors que plusieurs cadres du PPRD ont été arrêtés depuis décembre 2025. Emmanuel Ramazani Shadary a été interpellé le 16 décembre et Aubin Minaku dans la nuit du 17 au 18 janvier 2026. La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dit suivre ces cas « avec attention ».

Yvonne Kapinga