Lubero : à la suite des récentes attaques des rebelles ADF, cinq structures sanitaires ferment leurs portes dans le groupement Mwenye

Cinq centres de santé ainsi que plusieurs postes de santé ont fermé leurs portes dans le groupement Mwenye suite à la persistance de l’insécurité, caractérisée par les tueries de civils attribuées aux présumés rebelles des Allied Democratic Forces (ADF).

Des sources sanitaires indiquent à ACTUALITÉ.CD que les centres de santé de Mausa, Pombi, Mandelya, Musenge, ainsi que le centre de santé de référence (CSR) de Masoy, ont cessé leurs activités. Le centre de santé de référence de Masoya, chef-lieu du groupement Mwenye, a fermé ses portes depuis environ une semaine.

Cette situation vient aggraver davantage la crise humanitaire dans cette zone déjà fortement affectée par l’insécurité.

La société civile déplore le silence des autorités malgré l’insécurité persistante qui paralyse toutes les activités socio-économiques dans le groupement Mwenye (chefferie de Baswagha) suscitant un sentiment d’abandon au sein des populations. 

“Au regard de la situation que nous traversons, nous pensons que les infirmiers ont beaucoup aidé la population. Déjà, les membres des groupes armés et leurs femmes reçoivent les soins sans payer. La pression sur le centre de santé de Biambwe a poussé nos infirmiers à fermer notre structure. Cela vient compliquer la vie de toute la population, parce que toutes les structures viennent de fermer leurs portes à Mandelia, Pombi, Mausa, Masoya, Musenge… Partout, on a fermé. Nous n’avons rien contre les agents de santé. Tout ce que nous demandons au gouvernement, c’est de sécuriser les populations, y compris les structures sanitaires, pour que les professionnels de santé travaillent dans de bonnes conditions", a indiqué Kambale Muthano Jérémie Mutumwa, président de la Nouvelle société civile congolaise.

Face à cette situation, les professionnels de la santé lancent un appel pressant aux autorités militaires afin d’intervenir et de rendre effectives les opérations « Shujaa » menées conjointement par les FARDC et l’UPDF.

Depuis l’année 2024, le groupement Mwenye demeure dans une instabilité chronique marquée par des massacres de civils, des déplacements massifs de populations, la fermeture des écoles et, récemment, celle des structures sanitaires.

Pour rappel, cinq civils ont été tués et une dizaine de maisons incendiées lors d’une nouvelle attaque attribuée aux combattants ADF dans la nuit du mardi au mercredi 21 janvier dernier. L’incident s’est produit au village de Mavwe-Mavwe, dans la localité de Mandelya. Parmi les victimes figuraient quatre femmes.

Josué Mutanava