Caricature : une insécurité grandissante dans la ville de Goma depuis son occupation par l’AFC/M23

Caricature Kash/ACTUALITE.CD
Caricature Kash/ACTUALITE.CD

La prise de Goma par la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, a plongé la ville dans une insécurité grandissante, affectant gravement la situation humanitaire et les opérations de la MONUSCO. La Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, Bintou Keita, a dénoncé les restrictions imposées par le M23, limitant les déplacements des forces onusiennes, entravant l’acheminement de l’aide et empêchant l’évaluation des dégâts causés aux infrastructures stratégiques, notamment l’aéroport de Goma. Cette occupation complique la protection des civils, alors que la mission onusienne doit faire face à des contraintes logistiques et à une hostilité croissante de la population locale.

Par ailleurs, la situation sécuritaire s’est encore détériorée avec la progression du M23 vers d’autres localités du Nord et du Sud-Kivu. L’établissement d’une administration parallèle à Goma, incluant la désignation d’un gouverneur et d’un maire, renforce l’influence du groupe armé. Les affrontements et les incursions rebelles ont conduit à des pertes humaines considérables, tandis que l’avancée du M23 à Bukavu, à la frontière entre la RDC, le Rwanda et le Burundi, fait craindre une escalade régionale. L’échec des initiatives diplomatiques, comme celles de la SADC et de l’EAC, laisse la population sans espoir d’un retour rapide à la stabilité.

La criminalité a explosé dans la ville, avec des cas de pillages, d’enlèvements et de meurtres. Au quartier Himbi, plusieurs présumés bandits ont été exécutés par des patrouilles du M23 après des braquages nocturnes. Cette justice expéditive s’est poursuivie avec l’exécution de deux autres suspects accusés d’enlèvement. En moins de 48 heures, au moins 16 personnes ont été tuées dans des circonstances violentes, alimentant la peur et l’incertitude parmi les habitants. Le M23 a instauré un ultimatum de 72 heures exigeant la restitution d’armes et d’équipements militaires, ajoutant à la pression sur la population.

L’évasion massive de détenus de la prison centrale de Munzenze a intensifié le chaos dans la ville. Ces prisonniers en liberté, combinés à la présence de groupes armés tels que les wazalendos, contribuent à l’augmentation des actes criminels. Goma, autrefois un centre économique et culturel majeur, est désormais en proie à une insécurité omniprésente, où les civils paient le prix fort de la guerre et de l’inaction internationale face à la progression du M23.