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Meurtre des experts de l'ONU :  à la fin de l'audience de mardi, Sonia Rolley a réitéré ses doutes à la Cour militaire sur certains faits à ce stade du déroulement du procès
Mercredi 21 avril 2021 - 07:47
Sonia Rolley à l'audience du 20 avril 2021/Ph ACTUALITE.CD

La journaliste Sonia Rolley a été autorisée à prendre la parole à la fin de l'audience publique de ce mardi 20 avril 2021 devant la cour militaire pour donner sa propre lecture de la vidéo.

Pour la correspondante de RFI en RDC et qui a produit plusieurs enquêtes journalistiques sur le meurtre de deux experts de l’ONU, la personne qui donne des ordres qu'on entend dans la vidéo et qui est en train de filmer la scène du meurtre serait différente des miliciens qu'on voit exécuter les deux experts.

« La personne qui donne des ordres ne me paraît pas être un locuteur du tshiluba ordinaire. Cette personne parle un peu de swahili du Katanga et le lingala. Ce qui n'était pas dans les habitudes de Kamuina Nsapu », soulève Sonia Rolley qui lance également un autre pavé sur l'heure du meurtre :

« Il y a un souci avec l'heure de l'exécution des experts. Il faudrait vérifier à quel moment ils ont été tués. Je crois que ça s'est passé avant midi».

Dans sa lecture de la vidéo, Sonia Rolley note qu'il apparaît clair que les miliciens qui ont exécuté les experts disposaient de beaucoup d'armes à la différence des Kamuina Nsapu qui n'avaient que des armes rudimentaires :

« Sur la vidéo, on voit Michael Sharp s'inquiéter du nombre d'armes en possession des miliciens.  On a l'idée de la configuration des Kamuina Nsapu. Mais dans cette vidéo, on entend des phrases en lingala du genre : "tirez lisusu, tirez lisusu". Ça c'est le langage de l'armée », poursuit la journaliste qui demande à la cour militaire de déterminer l'heure exacte du meurtre et l'heure à laquelle la vidéo a été tournée.

Le juge président qui a dirigé le débat a promis d'analyser profondément les éléments contenus dans le dossier que Sonia Rolley voudrait bien mettre à la disposition de la cour militaire.

Quant au ministère public, il dit être d'accord avec Sonia Rolley sur le fait que le donneur d'ordre et qui parle lingala n'a pas été encore jusqu'à cette étape du procès formellement identifié.

Quant à l’heure du meurtre, le ministère public a proposé à la cour militaire de requérir les services d'un expert pour interpréter à partir des ombres des personnes qui apparaissent sur la vidéo et déterminer l'heure.

La cour militaire a remercié la journaliste française pour sa disponibilité et a fixé la prochaine audience au jeudi 22 avril 2021 avec comme devoirs la poursuite de l'analyse de la vidéo et les relevés d'appels téléphoniques.

Sosthène Kambidi

 

 

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