Deux étudiantes devant un tableau d'affichage à l'IFASIC

Le personnel scientifique, académique et administratif de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC) a décidé de reprendre son mouvement de grève pour protester généralement contre "un manque à gagner" dont il se dit victime.

Depuis le lundi 11 mars 2019, les travaux et services sont à l'arrêt à l'IFASIC suite à cette grève pourtant suspendue depuis le mois d'octobre 2017. Autour des revendications, le taux de change fixé à 920 FC pour 1 dollar par le gouvernement. Une mesure qui serait à la base d'énormes pertes au niveau du budget de l'Institut tel que l'explique Adélard Mampuya Obul, membre du syndicat des professeurs.

"Il y a un mois, nous sommes allés vers le président de la République, Félix Tshisekedi. Nous lui avons fait un mémo. Son directeur de cabinet, Vital Kamerhe, nous a promis de prendre en charge notamment la question de "manque à gagner". C'est-à-dire, ce que nous avions perdu comme pouvoir d'achat l'année dernière quand on a fait avec le taux de 920 FC fixé par le gouvernement sortant. Ce dernier avait promis de nous payer ce manque à gagner dans un délai d'une semaine. Mais jusqu'à aujourd'hui ça n'a jamais été fait. Alors la réunion qui devrait être convoquée, la semaine qui a suivi le dépôt de notre mémo, entre nous, le directeur du cabinet présidentiel et les ministres des Finances et du Budget, n'a jamais eu lieu. On se pose la question de savoir ce qui ne va pas. Il ne faut pas qu'on continue à nous emmener en bateau. C'est pour ça que les syndicats se sont réunis durant toute une semaine et le 28 février, le collectif des syndicats et associations de l'ESU, c'est-à-dire le personnel académique, scientifique et administratif, a décidé de reconduire le mouvement de grève qui était suspendu, il y a plus d'un", explique-t-il.

Le mouvement de grève avait débuté au début du mois de septembre 2017. A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire, le personnel scientifique, académique et administratif de l'IFASIC avait décidé d'entamer la grève, notamment pour appeler le gouvernement à revoir le taux de change pour le paiement des frais académiques.

"Après un mois, nous avions suspendu la grève à l'époque parce que le gouvernement avait fait un premier pas. Après les négociations nous avions signé un protocole d'accord en octobre 2017. Le gouvernement avait essayé de réajuster un peu le taux avec lequel on était payé. Donc on était dans un processus de négociation (...) Malheureusement on n'a pas eu tout ce qu'on voulait avoir. Nous avions décidé de commencer cette année en attendant des perspectives meilleures. Mais voilà au mois de janvier dernier, il y a eu des troubles à l'Université de Lubumbashi et les étudiants là-bas en avaient profité pour réclamer les histoires de frais. Jusqu'à ce qu'il y avait eu mort d'hommes et c'est comme ça que le nouveau président avait demandé au ministre de rabattre les frais au taux de 92 qui avait posé problème l'année dernière. Et là nous avons l'impression qu'on est rentré à la case départ. Alors que la situation avait déjà évolué", ajoute Mr. Obul.

Certains étudiants redoutent que la reprise de la grève à l'IFASIC puisse impacter négativement sur le calendrier académique.

"C'est un danger pour nous, les étudiants. Parce qu'on vient de boucler la mi-session, il n'y a pas longtemps. Alors il faudrait maintenant commencer les cours conformément à l'horaire. Mais comme ils commencent déjà avec de grève comme ça, nous pensions que nous ne pourrions même pas achever la moitié de notre programme. ça nous pénalise. Il faut que le chef de l'Etat intervienne en faveur de revendications de professeurs pour que la grève ne dure pas longtemps", réagit Flory Ebwa, étudiant en 1ère année de licence à l'IFASIC.

Pour l’instant la grève se poursuit. Le personnel de l’IFASIC, en général, souhaite que le gouvernement puisse répondre à ses revendications pour éviter que la crise perdure.

Will Cleas Nlemvo

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