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RDC : Kamerhe réaffirme son soutien à Tshisekedi et appelle les Congolais à défendre la souveraineté nationale 

Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi

La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), nouveau mouvement politico-militaire porté par Joseph Kabila à Goma dans un contexte de conflit armé, suscite des réactions au sein de la classe politique congolaise. Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale et allié du chef de l’État, Félix Tshisekedi, a choisi de réaffirmer son soutien au président de la République et d’appeler à la mobilisation des Congolais pour défendre la souveraineté nationale.

Dans son message très attendu, Vital Kamerhe a salué la position défendue par Félix Tshisekedi face à l’évolution de la situation sécuritaire et politique du pays. Il a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel, tout en appelant à l’unité nationale pour faire échec à toute entreprise visant à prendre le pouvoir par les armes.

« Dans cette épreuve, l’unité nationale doit rester le bien le plus précieux. J’appelle les Congolais et Congolaises, au-delà de leurs appartenances politiques, à une mobilisation pacifique et responsable, pour refuser que les armes décident une fois encore de leur avenir. La défense de la République est une responsabilité commune », a-t-il déclaré.

Insistant sur la vigilance, la cohésion nationale et le respect de chaque compatriote, l’ancien directeur de campagne de Félix Tshisekedi a réitéré son opposition au recours aux armes, tout en réaffirmant sa disponibilité à contribuer à la recherche de la paix.

« Mon expérience dans la gestion des conflits m’a conduit à deux convictions : aucune divergence n’est insurmontable lorsque ceux qui s’opposent placent l’amour de la patrie au-dessus de leurs intérêts particuliers ; à quoi bon prendre les armes et finir autour d’une table de négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter tant de pertes en vies humaines ? », s’est interrogé Vital Kamerhe.

La création du FRN, présenté comme un nouveau mouvement politico-militaire autour de Joseph Kabila, intervient dans un contexte marqué par les activités de l’AFC-M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Le mouvement est dirigé par l’ancien président de la République, secondé par trois vice-présidents : Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.

À Kinshasa, aucune réaction officielle du gouvernement  n’avait encore été enregistrée au moment de la rédaction de cet article, en dehors de prises de position de certains responsables politiques et institutionnels.

Au sein de la classe politique, les réactions restent partagées. Plusieurs anciens alliés de Joseph Kabila ont pris leurs distances avec l’ancien chef de l’État, tandis que d’autres ont assumé leur ralliement au FRN, présenté par ses partisans comme une initiative visant à mettre fin à ce qu’ils qualifient de dictature.

De son côté, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, affirme ne pas avoir été surprise par la nouvelle orientation de Joseph Kabila. Des responsables du parti estiment que l’ancien président, condamné à mort par la justice militaire congolaise et visé par des sanctions américaines, connaîtra une fin comparable à celle de Jonas Savimbi, ancien chef rebelle angolais de l’UNITA, tué en 2002 par les forces gouvernementales angolaises.

Samyr LUKOMBO