Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a vivement réagi à la prise de direction du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien président Joseph Kabila, à partir de Goma, au Nord-Kivu. Il y voit la confirmation des accusations portées par Félix Tshisekedi contre son prédécesseur au sujet de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Kabila finira comme Savimbi. A l’époque, Jonas Savimbi avait défié la communauté internationale. Aujourd’hui, Kabila l’a fait. Certains pensent que c’est un militaire et qu’il peut se permettre de faire tout ce qui lui semble bon. Quand on regarde aussi la situation du président Eduardo dos Santos (civil) et de Savimbi (militaire), l’histoire risque de se répéter encore cette fois-ci, ici chez nous », a expliqué Augustin Kabuya ce mardi 13 octobre, au sujet de la nouvelle orientation politique et militaire de Joseph Kabila. Une mise au point faite à l’occasion d’une rencontre qu’il a eue avec Christophe Mboso Nkodia Mpwanga au siège du parti présidentiel.
Cette déclaration intervient au lendemain de l’annonce, à Goma, de la création du FRN, placé sous la direction de l’ancien président de la République.
« Ce n’est pas une surprise. Le président Félix Tshisekedi l’avait déjà dit et certaines personnes ne voulaient pas croire en son message, mais aujourd’hui, nous sommes tous rattrapés par l’histoire », a déclaré le SG de l’UDPS.
« Aujourd’hui, Kabila a décidé de récupérer son poste », a-t-il affirmé, interprétant la prise de direction du FRN comme une clarification du rôle de l’ancien chef de l’État dans la rébellion.
Le FRN, une nouvelle étape dans la crise de l’Est
L’annonce du FRN marque un tournant dans la recomposition des forces opposées au gouvernement de Félix Tshisekedi. La nouvelle structure politico-militaire est présentée comme succédant à l’AFC, associée au Mouvement du 23 mars (M23).
Selon les informations rendues publiques lors de son lancement, Joseph Kabila en prend la direction, tandis que Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa figurent parmi les vice-présidents. Le chef militaire du M23, Sultani Makenga, est également annoncé dans la direction de cette coalition.
Cette annonce intervient alors que les rebelles contrôlent plusieurs zones importantes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont Goma et Bukavu. La situation dans cette partie du pays demeure marquée par les affrontements armés, les déplacements de populations et les efforts diplomatiques visant à rétablir la paix.
« Kabila s’entête et défie la communauté internationale. Voyons ce que l’avenir nous réserve », a conclu Kabuya.
José Mukendi