L’ancienne ministre congolaise des Droits humains Marie-Ange Mushobekwa a annoncé prendre ses distances avec la voie armée choisie, selon elle, par Joseph Kabila, tout en affirmant poursuivre son engagement dans l’opposition à Kinshasa.
« Maintenant qu’il choisit d’emprunter la voie armée pour défendre ses convictions politiques, je décide de prendre des distances avec cette voie », écrit-elle dans une publication sur X, précisant n’y être liée « de près ni de loin ».
Ministre des Droits humains de 2016 à 2019 et ancienne députée nationale, Marie-Ange Mushobekwa souligne avoir servi le pays sous la direction de Joseph Kabila avec respect, conviction et loyauté. Elle exprime également sa gratitude pour l’expérience acquise durant les dix dernières années passées à ses côtés.
Cette prise de distance ne constitue pas un ralliement au pouvoir. Elle affirme vouloir poursuivre sa lutte pour la démocratie « toujours au sein de l’opposition ici à Kinshasa », de manière républicaine et sans armes.
Elle défend par ailleurs l’unité du pays et estime que la paix passe uniquement par un dialogue franc, inclusif et constructif.
Sa déclaration intervient après la création, lundi 12 octobre à Goma, du Front pour la refondation de la nation (FRN), présidé par Joseph Kabila. La déclaration politique de ce nouveau mouvement politico-militaire annonce la fin de l’Alliance Fleuve Congo et inscrit dans sa mission le recours à tous les moyens, y compris la force, pour combattre ce qu’il qualifie de « tyrannie ».
Marie-Ange Mushobekwa ne cite pas explicitement le FRN dans sa publication. Elle vise cependant directement le choix de la voie armée qu’elle attribue à l’ancien président.
Cette prise de position s’ajoute aux départs annoncés du PPRD par Patrick Nkanga Bekonda, rapporteur du bureau politique, et Allegra Fosh Ngalula, qui indique avoir été vice-présidente de la ligue des jeunes. Leurs déclarations respectives ne citaient toutefois ni Joseph Kabila ni le FRN.