À l’occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée chaque 11 octobre, l’organisation Woman Power DRC a présenté, mardi 13 octobre à Goma, au Nord-Kivu, son initiative DIGIRISE 2026, destinée à renforcer l’autonomisation économique des jeunes filles et des femmes grâce aux outils numériques.
Avec l’appui de ses partenaires techniques, ONU Femmes RDC et le PNUD RDC, ainsi que de son partenaire financier Africell Group, cette organisation entend faire du numérique un levier d’autonomie financière, d’entrepreneuriat et de leadership féminin.
Selon Sylvie Mazambi, coordinatrice de Woman Power DRC, cette initiative découle notamment des constats issus des échanges menés avec plus de 50 jeunes filles figurant dans la base de données de l’organisation. Ces discussions ont permis de relever les difficultés économiques auxquelles sont confrontées certaines femmes, ainsi que les liens entre la dépendance financière, les mariages précoces et les violences basées sur le genre.
À travers DIGIRISE 2026, Woman Power DRC souhaite ainsi contribuer à la prévention des mariages précoces et des violences sexuelles en donnant aux jeunes filles et aux femmes des moyens de renforcer leur indépendance économique.
« Il était très important pour nous de célébrer la Journée internationale de la fille, qui met particulièrement l’accent sur la lutte contre les mariages précoces. Nous avons compris que beaucoup de ces mariages surviennent parce que les femmes ne disposent pas d’un pouvoir économique suffisant. Ce constat ressort notamment d’une enquête menée auprès de plus de 50 jeunes filles de notre base de données, avec lesquelles nous avons échangé.
Nous avons également constaté que les femmes sont souvent victimes de violences basées sur le genre et de violences sexuelles parce que certaines ne sont pas financièrement autonomes ou indépendantes. Nous avons donc pensé à lancer Digi Lab pour aider ces femmes à renforcer leur autonomisation financière. Comme je l’ai toujours dit, le pouvoir de la femme congolaise réside dans l’information et la formation que nous allons lui apporter », a-t-elle fait savoir.
Le programme prévoit notamment un atelier de renforcement des capacités de deux jours, qui se tiendra à la fin du mois d’octobre. Cette formation portera sur l’utilisation des outils numériques pour développer des activités génératrices de revenus, améliorer la visibilité des petits commerces et promouvoir les produits et services en ligne. Une initiation à l’utilisation rationnelle de l’intelligence artificielle est également prévue.
L’organisation cible particulièrement les femmes entrepreneures qui exercent déjà des activités commerciales, mais qui rencontrent des difficultés à utiliser les plateformes numériques pour atteindre davantage de clients et développer leurs entreprises.
Pour Sylvie Mazambi, l’accès à l’information et à la formation constitue un moyen essentiel de renforcer les capacités des femmes et de leur permettre de saisir les opportunités offertes par le numérique.
Dans un premier temps, le projet sera mis en œuvre dans la ville de Goma, avant une éventuelle extension à d’autres territoires de la province du Nord-Kivu.
Au-delà de l’autonomisation économique, DIGIRISE 2026 entend également contribuer à la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, notamment en favorisant la participation des femmes au développement économique et au leadership communautaire.
À travers cette initiative, Woman Power DRC veut promouvoir un accès accru des jeunes filles aux compétences numériques et aux opportunités économiques, dans un contexte où l’indépendance financière demeure un enjeu important pour la prévention des violences basées sur le genre et la promotion de l’égalité.
Josué Mutanava, à Goma