Le député provincial Jared Phanzu Babaka, élu de la commune de Bandalungwa, entend renforcer le cadre réglementaire applicable à la prévention et à la sécurité incendie dans les établissements recevant du public à Kinshasa, capitale de la RDC. Il a déposé, mardi 8 septembre, auprès du bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, une proposition d’édit provincial portant prévention et sécurité incendie dans les établissements recevant du public dans la Ville-province de Kinshasa.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la récurrence des incendies dans plusieurs quartiers de Kinshasa, avec des conséquences parfois dramatiques sur les vies humaines, les biens et les activités économiques. Pour Jared Phanzu Babaka, l’enjeu est de passer d’une logique de réaction à une véritable politique de prévention.
« Face à la répétition des incendies dans la ville, qui emportent des vies, détruisent des biens et paralysent des activités, nous avons le devoir de tirer les leçons et d’agir en amont. C’est dans cet esprit que j’ai déposé à l’Assemblée provinciale de Kinshasa une proposition d’édit portant prévention et sécurité incendie dans les établissements recevant du public. Cette initiative vise à doter la ville de Kinshasa d’un cadre provincial clair pour renforcer la prévention, l’alerte, l’évacuation, les moyens de première intervention, le contrôle des établissements et les mesures de sanction », a-t-il fait savoir après le dépôt de son initiative au bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
L’élu de la commune de Bandalungwa justifie sa démarche par le souci de doter la ville de Kinshasa d’un cadre structurant en matière de gestion et de prévention des incendies. « Notre responsabilité est avant tout de prévenir avant le drame, de protéger les vies et les biens, et surtout de faire respecter les règles » a-t-il souligné.
Tout a commencé dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans une salle des fêtes située sur le boulevard Triomphal, à Kinshasa, en pleine célébration d’un mariage. Après plusieurs bilans communiqués dans les heures qui ont suivi le drame dont un premier bilan provisoire faisant état de 22 morts, puis 14 morts annoncés à la presse par le bourgmestre de la commune de Lingwala, le gouvernement a finalement dressé un bilan provisoire de 12 morts et de plusieurs blessés.
À la suite de cet incident tragique, le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, a instruit les gouverneurs des provinces de procéder au contrôle systématique des établissements recevant du public, notamment ceux susceptibles de présenter des risques en matière de sécurité incendie.
Depuis ce drame, la ville-province de Kinshasa a, une nouvelle fois, enregistré plusieurs cas d’incendie ayant causé d’importants dégâts matériels. C’est notamment le cas de l’incendie qui s’est déclaré à l’école Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa.
La répétition de ces sinistres relance ainsi les inquiétudes sur le respect des normes de sécurité et sur les mécanismes de prévention et de contrôle des établissements recevant du public dans la capitale congolaise
Clément MUAMBA