Interrogée lundi sur le Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur la position du Front commun pour le Congo (FCC) à l'égard du dialogue national convoqué par le président Félix Tshisekedi, Marie Ange Mushobekwa a affirmé que l'initiative, sous sa forme actuelle, « ne répond pas aux exigences » de la plateforme, et a détaillé une série de conditions préalables à toute participation du FCC.
Selon Mme Mushobekwa, le chef de l'État devrait, avant la tenue du dialogue, prendre des mesures de décrispation politique, à commencer par la libération de tous les prisonniers politiques et d'opinion. Elle a également appelé à la fin des poursuites visant, selon elle, opposants, journalistes et défenseurs des droits humains « qui disent des choses qui ne leur plaisent pas », rappelant qu'« on ne peut pas tous penser de la même manière » dans une République.
Le FCC exige par ailleurs une médiation confiée à la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et à l'Église du Christ au Congo (ECC), avec l'appui de l'Union africaine et des Nations unies. Mme Mushobekwa a insisté sur le caractère réellement inclusif que devrait revêtir le dialogue, avec la participation de toutes les parties concernées.
Le FCC demande également que les assises se tiennent dans un pays tiers, afin de garantir, selon Mme Mushobekwa, la sécurité et la liberté de parole de tous les participants. Elle a justifié cette exigence par le fait que plusieurs figures de l'opposition, dont Joseph Kabila, Moïse Katumbi et plusieurs membres du bureau politique du FCC, se trouvent actuellement en exil.
Mme Mushobekwa a en outre plaidé pour que le dialogue aborde « sans tabou » l'ensemble des causes profondes de la crise congolaise, et pour que ses résolutions soient contraignantes et opposables à tous. Le FCC réclame enfin la mise en place, à l'issue des travaux, d'un mécanisme international de suivi et d'application des résolutions, sur le modèle, a-t-elle rappelé, du Comité international d'accompagnement de la transition (CIAT) instauré en 2003.
« Une fois que ces exigences seront respectées par le président de la République Félix Tshisekedi, le FCC participera au dialogue. Autrement, nous n'irons pas », a-t-elle conclu.