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Série d’incendies à Kinshasa : l’hôtel de ville convoque les responsables des espaces événementiels pour identification et vérification de conformité

La façade endommagée du bâtiment abritant la salle de fête Panacée, au lendemain de l’incendie qui a fait plusieurs morts et blessés pendant un mariage, sur le boulevard Triomphal à Kinshasa, le 5 septembre 2026. © ACTUALITE.CD

À la suite d’une série d’incendies qui secoue la ville de Kinshasa depuis le début du week-end dernier, causant d’importants dégâts humains et matériels, l’hôtel de ville de Kinshasa convoque les propriétaires, exploitants, gérants et tenanciers des salles de fêtes et autres espaces événementiels à se présenter, du 10 au 15 septembre prochain, dans la salle Kin Malebo.

Ils sont priés de se munir notamment de leurs autorisations d’ouverture et d’exploitation, ainsi que des documents administratifs et de tout autre renseignement utile relatif aux conditions et aux dispositifs de sécurité de leurs établissements.

Dans un communiqué publié mardi 8 septembre, le vice-gouverneur de la ville de Kinshasa, Eddy Iyeli, indique qu’il s’agit d’une opération obligatoire d’identification et d’actualisation de la base de données, menée parallèlement aux contrôles physiques de conformité des espaces et salles, entamés sur le terrain lundi.

Il précise que ces contrôles portent notamment sur « les dispositifs de prévention et de lutte contre les incendies, les installations électriques, les issues de secours, les capacités d’accueil et les conditions générales de sécurité ».

Eddy Iyeli met en garde les responsables des établissements concernés : « Passé le délai du 15 septembre 2026, tout établissement dont le responsable ne se sera pas conformé aux présentes dispositions sera fermé, sans préjudice des autres sanctions prévues par les textes en vigueur. »

Cette décision intervient alors que plusieurs incendies ont été enregistrés ces derniers jours dans la capitale.

Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre dernier, un grave incendie s’est déclaré dans la salle de fêtes Panacée, située dans un immeuble voisin du Musée national. Le sinistre avait fait une dizaine de morts, dont plusieurs femmes.

D’origine encore inconnue, le feu avait surpris les participants à un mariage en pleine effervescence. Pris de panique, plusieurs convives s’étaient précipités vers l’unique sortie, provoquant des morts et des blessés parmi les personnes prises au piège et victimes d’étouffement. Là encore, les sapeurs-pompiers étaient intervenus tardivement, alors que les flammes avaient déjà causé d’importants dégâts matériels.

Dans la journée et la soirée de lundi, deux autres incendies ont respectivement ravagé l’école primaire Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa, et une concession dans la commune de Limete, causant d’importants dégâts matériels.

Mardi encore, un autre incendie a violemment embrasé une habitation située sur l’avenue Kongolo, dans la commune de Barumbu. Plusieurs biens ont été réduits en cendres devant des habitants impuissants.

Pour l’heure, les enquêtes se poursuivent afin d’élucider les causes de ces différents sinistres, notamment celui qui a fait plusieurs victimes dans la salle de fêtes Panacée.

Mais au-delà de la question de la conformité des établissements, ces incendies relancent également le débat sur les capacités d’intervention des services de secours dans une mégapole de près de 20 millions d’habitants. Une enquête menée sur le dispositif anti-incendie à Kinshasa avait notamment révélé que la capitale dispose de moins de cinq camions anti-incendie opérationnels, selon une autorité municipale. Une capacité jugée largement insuffisante au regard de l’étendue de la ville et de la fréquence des sinistres.

Samyr LUKOMBO