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« La police n'aurait pas dû utiliser des armes létales » : Mushobekwa revient sur la répression des manifestations sous Kabila

La police disperse à coups de gaz lacrymogènes les militants de l'UDPS aux abords du Palais du peuple/Ph ACTUALITE.CD

Interrogée lundi sur le Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur les critiques d'organisations de défense des droits humains concernant la répression des manifestations de l'opposition, de la société civile et des marches catholiques sous le régime de Joseph Kabila, Marie Ange Mushobekwa a longuement détaillé son action, à l'époque ministre des Droits humains, pour documenter ces violences et indemniser les victimes.

Mme Mushobekwa a réaffirmé ce qu'elle dit avoir déclaré dès 2017-2019 : sa condamnation du recours à des armes létales par la police pour disperser des manifestants, fin 2016, à la veille de son entrée au gouvernement. « La police n'aurait pas dû utiliser des armes létales pour disperser les manifestants », a-t-elle affirmé, disant avoir personnellement rencontré des familles endeuillées. « J'ai vu une maman qui pleurait parce qu'elle a perdu son fils (…) Ça fait très mal, et rien de ce qu'on fasse ne pourra ramener ces personnes à la vie », a-t-elle déclaré.

Selon Mme Mushobekwa, elle avait proposé au Premier ministre de l'époque, Bruno Tshibala, ainsi qu'au président Joseph Kabila, la création d'une commission chargée d'identifier les victimes des manifestations de 2016 et 2017. Cette commission, autorisée en Conseil des ministres, aurait associé le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme, un représentant de l'Union africaine, ainsi que des ONG de défense des droits humains, dont elle a cité Georges Kapiamba et autres aux côtés de délégués des ministères de la Justice, de la Défense, de l'Intérieur, de la Santé, de l'armée, de l'auditorat militaire et du parquet général. Elle a insisté sur le caractère selon elle transparent et indépendant de ces travaux, affirmant que ni Georges Kapiamba ni le Bureau conjoint des Nations unies ne pourraient la contredire sur ce point.

À l'issue de ces enquêtes, Mme Mushobekwa affirme avoir présenté un rapport en Conseil des ministres, débouchant sur une prise en charge des victimes blessées, certaines soignées à la clinique Ngaliema, Diamant, d'autres envoyées à l'étranger au Maroc et en Afrique du Sud, dont elle a cité les cas de Dorcas Makaya et d'une autre victime, avec, selon elle, billets d'avion, soins médicaux et logement intégralement pris en charge par l'État. Concernant les personnes décédées, elle affirme que la commission a identifié les familles, organisé les inhumations, et que le gouvernement avait décidé de verser l'équivalent de 2 000 dollars à chaque famille de victime, dans l'attente de décisions de justice sur les responsabilités et le niveau d'indemnisation définitif. Cette remise aurait été filmée, selon elle, par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme, en présence d'ONG de défense des droits humains.

Mme Mushobekwa affirme avoir transmis l'ensemble de ces rapports à son successeur au ministère des Droits humains.