En moyenne 60 survivantes de violences sexuelles sont prises en charge chaque mois au poste de santé de Médecins sans frontières (MSF) dans le site de déplacés de Plaine Savo, près de Fataki, dans la province de l’Ituri.
Selon les données communiquées par MSF ce mardi 8 septembre, ces chiffres couvrent les six derniers mois et illustrent l’ampleur des violences auxquelles restent exposées les personnes déplacées vivant dans ce site.
La plupart des agressions sexuelles sont commises alors que les personnes tentent de sortir du site, notamment pour accéder à leurs champs ou rechercher des moyens de subsistance. L’insécurité qui entoure le site limite ainsi les mouvements des déplacés et les expose à différents risques.
Le poste de santé installé par MSF à Plaine Savo depuis février assure notamment la prise en charge des survivantes de violences sexuelles. La structure fournit également des soins de santé générale, pédiatrique, maternelle et mentale, ainsi que la prise en charge de la malnutrition aiguë.
Au-delà des violences sexuelles, le poste de santé enregistre chaque semaine plusieurs cas de blessures liées à l’insécurité. En moyenne, sept personnes blessées par balle ou par arme blanche y sont admises chaque semaine, selon Médecins sans frontières. La structure reçoit également environ neuf cas de malnutrition chaque semaine.
La situation est particulièrement préoccupante dans ce site qui accueille près de 76 000 personnes déplacées. La surpopulation, les conditions précaires d’hébergement et les difficultés d’accès à la nourriture et à l’eau potable aggravent la vulnérabilité des habitants.
Les restrictions de déplacement constituent également un obstacle à l’accès aux moyens de subsistance. La majorité des déplacés restent dans le site par crainte des violences à l’extérieur, alors que leurs champs et leurs activités économiques se trouvent dans les zones environnantes.
Médecins sans frontières estime que la réponse humanitaire doit être renforcée afin d'améliorer la protection des personnes déplacées et leur accès aux services essentiels. L’organisation souligne notamment la nécessité de renforcer les activités de protection destinées aux personnes les plus vulnérables.
La situation humanitaire à Plaine Savo intervient par ailleurs dans un contexte marqué par l’épidémie d’Ebola en Ituri. Trois cas confirmés ont déjà été détectés dans le site, où les conditions de promiscuité et les insuffisances en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement constituent également des facteurs de préoccupation sanitaire.
Josué Mutanava, à Goma