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RDC : Le Festival du rire de Kinshasa veut faire de l’humour un outil de résilience et de dialogue social

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Le Festival du rire de Kinshasa (FERIK) tiendra sa première édition les 1er et 2 octobre 2026 à Kinshasa. Porté par Mordecaï Kamangu, ce nouveau rendez-vous culturel ambitionne de faire de l’humour un outil de résilience, de dialogue social et de reconstruction du lien communautaire.

Le festival entend également offrir une plateforme aux humoristes congolais, particulièrement aux jeunes talents, tout en contribuant au rayonnement de l’humour congolais en Afrique et à l’international.

« Parce que Kinshasa en a besoin. Aujourd’hui. Nous vivons dans une ville qui encaisse beaucoup: la crise économique, l’insécurité, la pression sociale. Les gens sont fatigués », explique Mordecaï Kamangu, initiateur du FERIK.

Selon lui, l’humour peut permettre de créer des espaces de rencontre dans un contexte marqué par les difficultés sociales et économiques. Le festival veut ainsi s’appuyer sur une pratique profondément ancrée dans la culture kinoise pour favoriser le dialogue entre différentes composantes de la société.

« L’humour, c’est la seule arme qui désarme sans blesser. À Kinshasa on a toujours ri, même dans les moments durs. Le FERIK vient juste donner une scène à cette résilience », soutient Mordecaï Kamangu.

Le thème de cette première édition, « L’humour comme outil de résilience, de dialogue social et de reconstruction du lien communautaire », traduit cette ambition. L’organisation veut faire du rire un moyen de rapprocher les publics et de créer des espaces de discussion autour des réalités vécues au quotidien.

« Faire rire, c’est permettre aux gens de se parler. Quand on rit ensemble, les clans tombent. Quand on rit de nos problèmes ensemble, on commence à chercher des solutions ensemble », estime l’initiateur du festival.

Une place importante accordée aux jeunes humoristes

La jeunesse constitue l’un des axes majeurs de cette première édition. Selon l’organisation, 60 % de la programmation seront consacrés aux jeunes humoristes, avec l’objectif de leur permettre de se produire aux côtés d’artistes plus expérimentés.

Le FERIK prévoit également le développement du « Tremplin FERIK » dans plusieurs universités, écoles et comedy clubs de Kinshasa. Ce dispositif doit permettre d’identifier les nouveaux talents en amont du festival et de les accompagner dans leur progression.

« 60% c’est un choix politique. On ne veut pas juste consommer les jeunes, on veut les construire, ils doivent apprendre aux côtés des grands artistes humoristes », explique Mordecaï Kamangu.

Des masterclass et des activités de formation doivent compléter cette programmation. L’organisation prévoit également un accompagnement des talents après le festival, avec des possibilités de prestations scéniques et, pour les meilleurs d’entre eux, la production de leurs premiers One Man Show.

Un objectif d’ouverture à l’Afrique et à la diaspora

Le FERIK nourrit également une ambition régionale. Dans les trois prochaines années, ses organisateurs souhaitent augmenter progressivement la présence d’humoristes venus d’autres pays africains et d’Europe, avec un objectif d’au moins 30 % d’artistes internationaux dans la programmation d’ici 2029.

« On est ambitieux mais lucides. On va travailler pour rendre ce festival fédérateur, l’augmenter la qualité artistique avec au moins 30% d’humoristes internationaux venus de l’Afrique et de l’Europe à chaque édition d’ici 2029 », indique l’initiateur.

À terme, le festival souhaite également se développer dans plusieurs villes de la diaspora congolaise et africaine, notamment Paris, Bruxelles et Montréal. Mais Mordecaï Kamangu estime que cette expansion doit d’abord passer par la consolidation du rendez-vous à Kinshasa.

« Kinshasa est déjà la capitale du rire en Afrique francophone depuis le Festival Toseka. Il faut juste l’emballer et l’exporter », affirme-t-il.

La stratégie annoncée repose ainsi sur le principe « Kinshasa d’abord, Diaspora ensuite ». L’accueil d’humoristes internationaux dans la capitale congolaise doit notamment permettre de renforcer la visibilité du festival et de créer des passerelles avec d’autres marchés.

Un budget de 23 000 dollars pour la première édition

Pour cette première édition, le budget prévisionnel du FERIK est estimé à 23 000 dollars. Cette enveloppe doit notamment couvrir les dépenses liées à la scène, au son, à la communication, aux cachets des artistes et à la logistique.

L’organisation compte financer le festival à travers les partenariats privés, la billetterie et les droits de diffusion. Elle prévoit notamment une majorité de places accessibles au public et une offre VIP destinée aux entreprises.

« Notre modèle économique repose sur trois piliers : les partenariats privés avec les banques, les télécoms et les marques, qui achètent du sens et de la visibilité. La billetterie et les places VIP, avec 70 % du public en entrée populaire accessible et 30 % en places VIP pour les entreprises. Enfin, les droits TV et le digital, avec la possibilité de vendre le contenu des spectacles », détaille Mordecaï Kamangu.

La pérennisation du festival constitue toutefois un enjeu majeur pour l’organisation, qui entend en faire un rendez-vous culturel susceptible d’intéresser durablement les partenaires privés.

« La pérennité passera par là: être un produit que les sponsors ont envie d’acheter chaque année », souligne-t-il.

Avec cette première édition prévue les 1er et 2 octobre 2026, le Festival du rire de Kinshasa entend donc poser les bases d’un rendez-vous annuel consacré à l’humour, tout en construisant progressivement une plateforme de promotion des talents congolais et africains.

César Olombo 

 


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