La situation confuse survenue sur le fleuve Congo, entre Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe, en République démocratique du Congo (RDC), et Makotipoko, au Congo-Brazzaville, a été évoquée lors de la 97e réunion du Conseil des ministres, présidée vendredi 28 août 2026 par le président Félix Tshisekedi. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de cet incident impliquant des éléments des forces de sécurité des deux pays.
L’incident, survenu sur le fleuve Congo, a impliqué des éléments de la marine et de la gendarmerie nationales congolaises, ainsi que des éléments de la marine de la République démocratique du Congo. Selon les informations communiquées au Conseil des ministres, les autorités des deux pays ont engagé des contacts afin d’éviter une escalade et de clarifier les circonstances de l’incident.
« Au sujet de l’incident marin survenu sur le fleuve au niveau de Yumbi, en République démocratique du Congo, province du Maï-Ndombe, et de Makotipoko, au Congo-Brazzaville, le Conseil a été informé des contacts en cours entre les ministres de la Défense des deux pays et ceux des Affaires étrangères, qui ont activé des mécanismes de coordination et de partage d’informations pour prévenir des situations de ce genre », rapporte le compte rendu de la réunion, lu par le porte-parole du gouvernement.
Au-delà des contacts diplomatiques et sécuritaires, les autorités congolaises ont également annoncé l’ouverture d’une enquête.
« Entre-temps, une enquête a été ouverte pour connaître les circonstances de cet incident malheureux », précise le compte rendu du Conseil des ministres.
Cet incident intervient dans un contexte où les deux pays entretiennent des relations normales et correctes. En avril de cette année, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants de la RDC, Guy Kabombo Muadiamvita, et son homologue de Brazzaville, Charles Richard Mondjo, avaient consolidé leur coopération militaire afin de renforcer la sécurité le long de leur frontière commune. Plus récemment, Raymond Zéphirin Mboulou, qui a succédé à Charles Richard Mondjo à la tête de ce département à la faveur du remaniement gouvernemental d’avril 2026, a séjourné à Kinshasa en qualité de représentant du président Denis Sassou-Nguesso lors de la célébration du dixième anniversaire du Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD).
À l’issue de l’une de ses rencontres avec Denis Sassou Nguesso, Félix Tshisekedi avait présenté son homologue congolais comme celui qu’il appelle affectueusement « son papa et homologue ». Il avait également souligné l’expérience de Denis Sassou Nguesso, qu’il considère comme un sage du continent auprès duquel il est toujours utile de rester proche, au regard de sa longue expérience à la tête de la République du Congo.
Au-delà des relations bilatérales entre les deux États, Denis Sassou Nguesso demeure également attentif à la situation en RDC en période de crise. Sa dernière rencontre avec le cardinal Fridolin Ambongo à Brazzaville en constitue une illustration.
Sur le plan diplomatique, après le départ de Christophe Muzungu, Félix Tshisekedi avait nommé Inzun Kakiak Justin ambassadeur de la RDC en République du Congo. Justin Inzun Kakiak a toutefois été rappelé quelque temps plus tard pour prendre la tête de l’Agence nationale de renseignements (ANR) après la fin des fonctions de Mbelu Biosha à la tête de ce service stratégique de la RDC.
Récemment, Félix Tshisekedi a nommé Roger Bokwala Bompolonga au poste d’ambassadeur de la RDC en République du Congo, à Brazzaville. Cet ancien membre du cabinet de Félix Tshisekedi vient d’entrer en fonction, ce qui témoigne, une nouvelle fois, de l’importance accordée par Kinshasa au maintien de relations étroites avec Brazzaville.
Clément MUAMBA