La République démocratique du Congo prépare la tenue de sa 13e Conférence diplomatique, prévue en octobre prochain à Kinshasa, capitale de la RDC. Pendant cinq jours, les diplomates et responsables concernés réfléchiront à l’orientation de la politique étrangère du pays ainsi qu’aux mécanismes nécessaires à sa mise en œuvre.
L’annonce a été faite vendredi 28 août 2026 au Conseil des ministres par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la diaspora, dans une note d’information relevant de son secteur.
« La ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la diaspora a informé le Conseil de la tenue de la 13e Conférence diplomatique en octobre prochain à Kinshasa. Cinq jours de travaux seront ainsi consacrés à la réflexion et à la concertation. L’objectif principal sera de prévalider les documents-cadres de politique étrangère formalisés de la République démocratique du Congo, tout en définissant les dispositifs institutionnels et opérationnels nécessaires à sa mise en œuvre », rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.
Selon la ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner, le dispositif envisagé devra permettre d’assurer une meilleure cohérence entre les différentes composantes de l’action extérieure de l’État. La cheffe de la diplomatie congolaise présente cette démarche comme une transition vers une diplomatie davantage tournée vers l’anticipation que vers la gestion des situations d’urgence.
« Ce dispositif devra garantir une parfaite cohérence entre l’action du Gouvernement, celle de l’administration centrale et celle de nos missions diplomatiques et postes consulaires. Véritable outil de transition vers une diplomatie d’anticipation plutôt que de gestion des urgences, ce document-cadre servira de boussole. Il orientera les partenariats, harmonisera les positions défendues à l’international et alignera les ressources sur les priorités nationales, tout en fournissant une base d’évaluation de l’action extérieure », précise la cheffe de la diplomatie congolaise dans le compte rendu.
Par ailleurs, la 13e Conférence diplomatique sera également marquée par l’introduction d’un nouveau dispositif de formation destiné aux ambassadeurs. Selon la note d’information, les assises vont inaugurer un module de formation standardisé qui deviendra obligatoire pour tous les ambassadeurs avant leur déploiement. Cette mise à niveau sera suivie de la signature d’un serment de service, présenté comme un instrument destiné à renforcer l’intégrité et la redevabilité des représentants diplomatiques de la RDC.
« Ces assises vont inaugurer un module de formation standardisé, désormais obligatoire pour tous les ambassadeurs avant leur déploiement. Cette mise à niveau sera couronnée par la signature d’un serment de service, gage de leur intégrité et de leur redevabilité envers l’État », souligne le compte rendu de la réunion.
L’initiative vise ainsi à renforcer la professionnalisation du corps diplomatique et à assurer une meilleure appropriation des orientations de la politique étrangère par les représentants du pays à l’étranger. Pour la réussite de ce processus, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, a sollicité l’accompagnement du gouvernement.
« L’accompagnement du Gouvernement a été sollicité pour la réussite de ce processus », ajoute le compte rendu de la réunion.
La tenue annoncée de cette nouvelle conférence intervient un peu plus de deux ans après l’évaluation de la 12e Conférence diplomatique, organisée du 26 au 28 février 2022 sous l’impulsion de l’ancien ministre des Affaires étrangères Christophe Lutundula. Le vendredi 28 juin 2024, Thérèse Kayikwamba Wagner avait présenté au Conseil des ministres une note relative à la fréquence d’évaluation de cette conférence et à l’implémentation de ses recommandations, conformément aux instructions du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Au sujet de la fréquence, avait renseigné Patrick Muyaya dans le compte rendu de la réunion, Thérèse Kayikwamba Wagner avait rappelé l’importance de la tenue de ces assises pour un meilleur suivi et évaluation de la mise en œuvre des recommandations des différentes conférences diplomatiques. D’où la recommandation de mise sur pied, par un arrêté du ministre des Affaires étrangères, d’un comité sous son autorité et sous la supervision du Secrétaire général aux Affaires étrangères.
À l’issue de cette évaluation, la ministère des Affaires étrangères avait fait le point sur l’état d’exécution des recommandations issues de la 12e conférence.
« Plusieurs mois après la tenue de la 12e Conférence diplomatique, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, a présenté l’implémentation des 52 recommandations, dont 15 sont partiellement exécutées, 30 demeurent encore non exécutées et 7 ont été identifiées comme n’étant pas de son ressort » rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya
Dans le même registre, poursuit la même source, le président de la République avait demandé à la ministre d’État de poursuivre les efforts en vue de l’organisation d’une nouvelle conférence diplomatique.
« Le Président de la République avait recommandé à la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de faire de son mieux pour organiser une conférence diplomatique dans les mois qui viennent et pour avoir l’occasion de faire le point et l’évaluation des mesures qui ont été prises à la dernière conférence » avait indiqué le porte-parole du gouvernement.
Le président Félix-Antoine Tshisekedi accorde une importance particulière au renforcement de l’action diplomatique durant son second quinquennat. Dans cette perspective, il avait insisté sur la nécessité pour la RDC de définir des orientations diplomatiques cohérentes vis-à-vis de ses différents partenaires, en tenant compte des enjeux régionaux et internationaux.
Le chef de l’État avait également souligné la nécessité pour les diplomates congolais affectés à l’étranger de maîtriser les principaux enjeux géopolitiques, sécuritaires et économiques auxquels le pays est confronté.
L’annonce de la 13e Conférence diplomatique intervient dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, notamment avec l’activisme de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda. Elle intervient également alors que la RDC siège au Conseil de sécurité des Nations unies en qualité de membre non permanent. Pour Kinshasa, la diplomatie constitue ainsi l’un des principaux leviers pour défendre ses intérêts, mobiliser le soutien de ses partenaires et porter sa voix dans les instances internationales.
La prochaine conférence diplomatique devrait donc servir de cadre pour renforcer la cohérence de l’action extérieure de la RDC, dans un environnement international marqué par de profondes mutations géopolitiques et par les difficultés croissantes du multilatéralisme
Clément MUAMBA