À quelques heures de l’ouverture officielle de la première édition du Festival Congo Photo International (FECOPHI), les organisateurs ont présenté les grandes lignes de l’événement lors d’un point de presse organisé au centre culturel Losa Maison des Arts, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa.
Placée sous le thème « Mémoire en lumière : de l’ombre coloniale à la vision contemporaine », cette première édition entend faire de la photographie un espace de création, de transmission de la mémoire et de réflexion sur les représentations de la société congolaise.
Le festival, qui s’ouvre officiellement ce samedi 22 août à 16h avec un vernissage d’une exposition, se poursuivra jusqu’au 29 août à Losa Maison des Arts, située avenue Suisse n°19, quartier Ngomba Kikusa, dans la commune de Ngaliema. L’accès aux différentes activités est libre.
Structurer et valoriser le secteur de la photographie
À l’origine du FECOPHI, Jackson Tshisekedi explique vouloir contribuer à une meilleure structuration du secteur de la photographie en RDC, tout en donnant davantage de visibilité aux professionnels de l’image.
Les organisateurs ont notamment voulu inscrire le festival dans la dynamique de la Journée internationale de la photographie, célébrée chaque 19 août.
« C’est d’abord de pouvoir mettre en place une structure sérieuse, cohérente et structurée pour ce secteur de la photographie. Deuxièmement, nous avons cet objectif de faire la promotion. Comme vous le voyez sur nos bâches, notre slogan c’est : relever, valoriser, célébrer l’image. Nous sommes dans le domaine de l’image », a expliqué Jackson Tshisekedi.
Pour l’initiateur, le festival doit également contribuer à élargir la perception de la photographie en RDC, encore largement associée à la couverture d’événements. Le FECOPHI veut ainsi mettre en avant d’autres formes de pratique photographique et accompagner les professionnels dans leur montée en compétences.
Des formations pour renforcer les capacités
Au-delà de l’exposition, cette première édition accorde une place importante à la formation. Des photographes sélectionnés à la suite d’un appel à candidatures participeront notamment à quatre journées de renforcement des capacités, du 24 au 27 août, au Centre culturel Le Zoo.
Les sessions se dérouleront de 8 heures à 12 heures et doivent permettre aux participants d’approfondir leurs connaissances et leur pratique professionnelle.
« Dans notre programme, nous avons aussi les formations. La semaine qui vient, du 24 au 27 août, nous avons prévu des séances de formation et de renforcement des capacités des photographes qui ont été sélectionnés par appel à candidatures. C’est de cette façon que nous pouvons sortir la tête pour aller de l’avant et évoluer vers l’extérieur, vers l’international, mais aussi envers nous-mêmes », a souligné Jackson Tshisekedi.
Cette dimension pédagogique s’inscrit dans une volonté plus large de consolider un écosystème professionnel autour de la photographie congolaise.
Vers une meilleure organisation du métier
Le point de presse a également été marqué par l’intervention de Tshamala Mujangi Mufika, qui a insisté sur la nécessité de mieux organiser le secteur et d’identifier les professionnels qui y évoluent.
La question de la formation constitue également un enjeu important, alors qu’une partie des photographes exercent leur métier sans avoir nécessairement suivi un cursus académique spécialisé.
« Sans organisation ni formation, il sera difficile de faire émerger une véritable industrie de l’image dans notre pays », a-t-il estimé.
Le festival entend ainsi servir de cadre de rencontres entre professionnels, artistes, formateurs et public, mais également contribuer à une réflexion sur les perspectives économiques et professionnelles du secteur.
La question de la mémoire occupe également une place centrale dans cette première édition. À travers son thème, le FECOPHI entend interroger les représentations héritées de la période coloniale et la manière dont les Congolais peuvent aujourd’hui produire leurs propres récits visuels.
Charles Ntumba, intervenant lors du point de presse, a notamment insisté sur cette nécessité de faire de la photographie un outil permettant aux Congolais de reprendre la maîtrise de leur propre représentation.
« Nous devons aujourd’hui reprendre le contrôle de nos images et raconter nous-mêmes nos réalités », a-t-il déclaré.
Cette réflexion rejoint l’ambition affichée par les organisateurs de faire de la photographie non seulement un art, mais aussi un moyen de questionner l’histoire, la mémoire et les transformations de la société congolaise.
Outre les formations, le programme prévoit une exposition photographique ainsi que des talks avec les artistes. Ces différentes activités permettront au public d’échanger directement avec les professionnels et de découvrir différentes approches de la photographie contemporaine.