ASA Resources Group PLC, actionnaire minoritaire à hauteur de 20% de la Société Minière de Bakwanga (MIBA SA), conteste les modalités du processus de recapitalisation engagé au sein de l’entreprise. Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, son conseil, Me Emedi Useni Ahmed, a dénoncé ce qu’il considère comme des irrégularités dans la conduite de l’opération et appelé à la suspension du processus.
Au cœur du différend entre les deux actionnaires de la MIBA SA se trouve la décision de recapitaliser l’entreprise minière. L’État congolais détient 80% du capital, contre 20% pour ASA Resources Group PLC.
Selon ASA, les deux actionnaires avaient convenu, lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 6 février 2026, de procéder à une augmentation du capital social proportionnellement à leurs participations. L’État devait apporter 50 millions de dollars américains et ASA Resources Group 12 millions de dollars.
Mais cette décision était, selon l’actionnaire minoritaire, précédée de quatre conditions : la réalisation d’un audit général de la MIBA, l’inventaire de son patrimoine, la désignation d’un cabinet indépendant pour mener ces travaux et l’amélioration de la gouvernance de l’entreprise, notamment à travers la redéfinition de son plan de relance.
ASA réclame le respect de quatre conditions
C’est principalement le non-respect de ces conditions que conteste ASA Resources Group.
La société affirme qu’une nouvelle assemblée générale extraordinaire convoquée le 21 mai 2026 a relancé le processus de recapitalisation sans que les conditions convenues en février aient été préalablement exécutées.
Pour l’actionnaire minoritaire, la priorité devrait donc être de clarifier la situation financière, patrimoniale et managériale de la MIBA avant de procéder à une nouvelle injection de capitaux.
ASA souhaite notamment qu’un audit général et un inventaire du patrimoine soient réalisés par un cabinet indépendant. L’objectif affiché est de disposer, avant toute recapitalisation, d’une situation claire sur les actifs, la gestion et les besoins réels de l’entreprise.
La protection des 20 % de participation
Autre revendication majeure : la préservation des droits de l’actionnaire minoritaire.
Le 27 juillet 2026, ASA Resources Group affirme avoir reçu un bulletin de souscription l’invitant à libérer 12 millions de dollars dans un délai de 30 jours. Ce délai arrive donc à échéance ce jeudi 27 août 2026. À défaut, son droit préférentiel de souscription serait susceptible d’être perdu et sa participation dans la MIBA diluée.
ASA conteste les conditions dans lesquelles cette obligation lui est imposée et considère que la procédure engagée porte atteinte à ses droits d’actionnaire.
La société a ainsi saisi le Tribunal de commerce de Kinshasa-Gombe pour demander l’annulation des résolutions prises lors de l’assemblée générale extraordinaire du 21 mai 2026. Elle a également introduit une procédure en référé afin d’obtenir la suspension des effets de ces résolutions.
L’actionnaire minoritaire évoque par ailleurs des préoccupations sécuritaires concernant ses représentants et cite notamment le cas de Cécile Edungu Mbutshu, qui aurait été victime de deux tentatives de kidnapping le 17 août 2026.
Ces éléments sont présentés par ASA comme autant de signes d’un problème plus large de gouvernance au sein de la société minière.
Ce que demande ASA Resources Group
Au terme de sa conférence de presse, ASA Resources Group PLC formule principalement plusieurs revendications : la suspension du processus actuel de recapitalisation, le respect des conditions convenues entre les actionnaires le 6 février, la réalisation d’un audit général et d’un inventaire du patrimoine de la MIBA par un cabinet indépendant, ainsi que l’amélioration de la gouvernance et la redéfinition du plan de relance de l’entreprise.
La société demande également la protection de ses droits en tant qu’actionnaire minoritaire et conteste toute opération qui pourrait entraîner la dilution de ses 20 % de participation sans, selon elle, que les conditions initialement convenues aient été respectées.
ASA Resources Group appelle enfin le président Félix-Antoine Tshisekedi et le gouvernement congolais à se saisir de la situation et à faire suspendre ce qu’elle qualifie de processus de recapitalisation « irréfléchi et désordonné ».
Pour l’actionnaire minoritaire, l’enjeu est donc double : protéger ses droits dans le capital de la MIBA, mais aussi s’assurer que la relance de cette entreprise stratégique repose sur un diagnostic financier, patrimonial et managérial préalable.