Du 4 au 12 septembre, Kinshasa accueillera la quatrième édition du Kinshasa Urban Art Fest (KUAF), un festival consacré aux cultures urbaines. Cette nouvelle édition proposera neuf jours d’expositions, de formations, de débats, de panels et de performances artistiques, avec la participation de six artistes internationaux.
La capitale congolaise s’apprête à renouer avec les couleurs et les expressions du street art. Du 4 au 12 septembre, le Kinshasa Urban Art Fest (KUAF) réunira artistes, professionnels de la culture et public autour d’une programmation qui entend faire des cultures urbaines un espace d’expression, de transmission et d’engagement citoyen.
Après une troisième édition organisée en septembre 2025 autour du thème « Matumaïni », qui signifie « espoir » en swahili, le festival revient cette année avec une nouvelle thématique : « La voix des silencieuses ». La troisième édition avait notamment mis l’accent sur le graffiti, discipline présentée comme le cœur du festival, ainsi que sur les fresques monumentales, les ateliers, les panels, les performances et les échanges autour de la culture urbaine.
Pour cette quatrième édition, le choix du thème entend mettre en lumière les violences faites aux femmes et ouvrir un espace de réflexion autour de cette problématique à travers l’art. Une peinture murale sera notamment réalisée sur cette question afin de sensibiliser le public et de donner une dimension citoyenne à l’expression artistique.
Le festival réunira six artistes internationaux venus de quatre pays. La délégation étrangère sera composée de deux artistes français, deux artistes angolais, un artiste suisse et un artiste espagnol, aux côtés des artistes congolais.
Le coup d’envoi sera donné le 4 septembre au Centre culturel Ndaku ya La Vie Est Belle, avec une conférence de presse. Celle-ci sera suivie d’une exposition de street art au Centre culturel congolais du Zoo (CCZoo).
Au-delà des expositions, le KUAF proposera plusieurs activités destinées à favoriser les échanges entre artistes, professionnels de la culture et public. Des ateliers de formation, des panels et des débats sont notamment prévus au cours de cette édition.
Cette approche s’inscrit dans la continuité de l’identité du festival, qui cherche à promouvoir les cultures urbaines et à mettre en avant les artistes congolais et internationaux. Lors de sa troisième édition, le KUAF avait notamment réuni plusieurs disciplines telles que le graffiti, la fresque murale, la danse, la musique, le skate, le BMX et la photographie.
Parmi les temps forts de cette quatrième édition figure un panel consacré aux femmes artistes autour du thème « Art et engagement ». Cette rencontre permettra notamment d’interroger la place des femmes dans les industries créatives et leur contribution à la création artistique, tout en abordant la capacité de l’art à porter des messages sur les questions sociales.
Le choix du thème « La voix des silencieuses » donne ainsi une résonance particulière à cette rencontre, en faisant du festival un espace où les questions liées aux violences faites aux femmes peuvent être abordées à travers la création et le débat.
La compétition sera également au rendez-vous avec l’organisation d’un battle de graffiti, destiné à désigner le meilleur graffeur de Kinshasa.
À la clé pour le vainqueur : une bourse de formation de deux semaines à la RBS AKADEMIA, au Sénégal, présentée par les organisateurs comme un centre de formation spécialisé dans le graffiti.
Cette compétition vient renforcer la place accordée au graffiti dans l’identité du Kinshasa Urban Art Fest. Lors de l’édition précédente, les organisateurs avaient déjà annoncé vouloir recentrer davantage le festival sur cette discipline, considérée comme la « discipline mère » du street art.
À travers cette quatrième édition, le Kinshasa Urban Art Fest entend une nouvelle fois dépasser le simple cadre de l’exposition artistique. Le festival veut faire de la rue, des murs et des espaces culturels des lieux de dialogue autour des réalités de la société congolaise.
Cette dimension engagée s’inscrit dans la démarche défendue par les organisateurs depuis les précédentes éditions. En 2025, le festival avait notamment présenté le street art comme un moyen de transmettre des messages d’espoir, de paix et de résistance. La fresque « Matumaini », réalisée à Limete à l’issue de la troisième édition, avait prolongé cette démarche en inscrivant durablement le message du festival dans l’espace public.
Avec « La voix des silencieuses », le KUAF entend désormais porter un autre message : donner une visibilité aux femmes et aux problématiques qui les concernent, notamment les violences faites à leur égard.
Entre création artistique, transmission des savoirs, compétition et engagement social, cette quatrième édition entend ainsi confirmer la place du Kinshasa Urban Art Fest dans le paysage des cultures urbaines en République démocratique du Congo.
Après neuf jours d’activités, le festival s’achèvera le 12 septembre par des concerts de clôture, offrant une dernière scène aux artistes et au public kinois.
César Olombo