Après des décennies de déclin, le Jardin zoologique de Kinshasa retrouve peu à peu un nouveau visage. ACTUALITE.CD s'est rendu sur ce site emblématique de la capitale congolaise pour visiter l'effectivité de cette rénovation.
Les premiers travaux de réhabilitation ont été amorcés depuis mi-juin dernier. Porté par un partenariat entre l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et l'organisation indienne Vantara, le projet ambitionne de transformer le vieux zoo en un espace moderne dédié à la conservation de la biodiversité, à la recherche scientifique et aux loisirs.
Les équipes techniques s'activent autour des fouilles et des fondations des deux premiers bâtiments du projet : un bloc administratif et un hôpital vétérinaire. Cette première phase ouvrira la voie à la construction de nouveaux enclos adaptés aux besoins des différentes espèces animales.

« Nous avons commencé par la construction de deux bâtiments essentiels : l'administration et l'hôpital vétérinaire. Les travaux de fouille et de fondation sont en cours et, après cette étape, nous passerons directement aux enclos des animaux. L'ensemble du projet devrait être réalisé en deux ans », explique Steve Nsasu, architecte chargé des travaux.
Objectif : bien-être animal au service de la société et de la science
L'ambition dépasse largement la simple rénovation des infrastructures. Les concepteurs souhaitent faire du Jardin zoologique de Kinshasa un établissement répondant aux standards internationaux en matière de bien-être animal, avec des espaces de semi-liberté, des équipements vétérinaires modernes et des installations pensées pour accueillir le public dans de meilleures conditions.

Pour garantir la pérennité des ouvrages, les ingénieurs privilégient des matériaux de haute qualité et adaptent les techniques de construction aux contraintes du terrain.
« Nous construisons pour plusieurs générations. Les matériaux sont sélectionnés avec beaucoup d'exigence afin d'assurer la solidité des bâtiments. Les difficultés liées à la nature du sol nous ont obligés à renforcer davantage les fondations pour garantir des infrastructures durables », souligne Rebecca Bilonda Mbikayi, ingénieure du projet.
À terme, le zoo devrait redevenir une vitrine de la richesse faunique congolaise. Les responsables annoncent le retour d'espèces emblématiques telles que le bonobo, l'okapi et le paon congolais, auxquelles s'ajouteront d'autres animaux dans des enclos conçus selon les normes internationales. Des espaces de détente et des parcours pédagogiques sont également prévus afin de faire du site un véritable lieu de découverte et d'éducation environnementale.
Pour Bruno Matata, directeur du Jardin zoologique de Kinshasa, cette réhabilitation marque un tournant historique.
« Ce jardin était abandonné depuis très longtemps. Grâce au soutien de Vantara, nous avons aujourd'hui l'opportunité de construire un zoo moderne qui permettra aux Kinois de redécouvrir les espèces emblématiques de la RDC dans des conditions respectueuses de leur bien-être. Notre ambition est d'en faire une référence en Afrique centrale », affirme-t-il.
Au-delà des infrastructures, le partenariat prévoit également le renforcement des compétences du personnel de l'ICCN. Des vétérinaires et techniciens ont déjà été formés en Inde afin d'améliorer la prise en charge des animaux qui seront progressivement réintroduits sur le site à l'issue des travaux.
Si le calendrier est respecté, Kinshasa pourrait retrouver, d'ici deux ans, un parc zoologique entièrement repensé, appelé à devenir un espace majeur de conservation, de sensibilisation à la biodiversité et de loisirs pour les habitants de la capitale.