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RDC : « Il doit être inclusif », le Pasteur Eric Nsenga tranche sur la nature du dialogue

Eric Nsenga

Interrogé, lors du Space live organisé lundi par Stanis Bujakera Tshiamala, sur une possible contradiction entre un dialogue présenté comme inclusif et le narratif du gouvernement, qui y voit un front contre l'agression rwandaise, le Pasteur Eric Nsenga a d'emblée écarté toute polémique sémantique. « Le plus important pour nous dans cette communication, ce n'est pas d'aller dans le sens des polémiques (…) mais le contenu », a-t-il affirmé, retenant trois éléments centraux du discours ministériel : l'engagement pris par le Chef de l'État d'ouvrir un dialogue, son caractère national et inclusif, et la volonté d'y aborder « toutes les questions d'intérêt national », auxquelles doivent prendre part « les fils et les filles du pays ». 

Sur les préalables évoqués, il a expliqué qu'il fallait « faire la différence entre quand le pouvoir public parle du dialogue en tant que pouvoir organisateur (…) et le rôle de la médiation que nous avons », renvoyant à la future feuille de route le soin d'en préciser la méthodologie.

Relancé sur une possible exclusion de ceux qui ont pris les armes ou n'auraient pas clairement condamné l'agression, il a d'abord tenu à « lever des malentendus » en s'appuyant sur le droit international : « L'agression, c'est tout acte militaire porté par un État sur le territoire d'un autre État », a-t-il rappelé, ajoutant que « du moment où une armée non invitée se trouve sur le sol national, nous sommes face à l'hypothèse d'une agression », un constat qui, selon lui, « ne devrait pas scandaliser les uns et les autres » et qui est déjà établi par les processus de Doha et de Washington, ainsi que par les déplacements des Églises à Kigali et à Goma.

Il a par ailleurs justifié la démarche du Président, qu'il rattache à ses prérogatives constitutionnelles de garant de la nation, rappelant que « lorsque le président Laurent-Désiré Kabila était au pouvoir, le pays était agressé dans les mêmes conditions » et que « Mobutu à l'époque ne parlait pas de rebelles (…) ils parlaient toujours de l'agression ». Résumant sa lecture de l'exigence présidentielle, il a estimé : « Vous ne pouvez pas vous engager dans un schéma de paix en même temps continuer dans la logique de la guerre », précisant que la participation au dialogue suppose donc, selon lui, une prise de distance avec l'option militaire.

Interrogé enfin sur la nature du dialogue à venir, il a tranché sans détour : « Il doit être inclusif. Et nous insistons : inclusif. »