La représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles liées aux conflits, Pramila Patten, a salué les avancées enregistrées par la République démocratique du Congo dans la lutte contre ce fléau, estimant que l'expérience congolaise démontre qu'il est possible de rompre le cycle de l'impunité grâce à une volonté politique, une appropriation nationale et une coopération internationale.
Intervenant mercredi 8 juillet 2026 lors du débat public du Conseil de sécurité consacré au thème « Honorer la promesse du droit international aux survivantes de violences sexuelles liées aux conflits » et dirigée par Judith Suminwa Tuluka, première Ministre de la République Démocratique du Congo, à New York, Pramila Patten a rappelé que, lors de la création de son mandat il y a 17 ans, les violences sexuelles liées aux conflits étaient qualifiées comme « le plus grand silence de l'histoire » et « le crime de guerre le moins condamné au monde ».
Elle a souligné que le Darfour et l'Est de la République démocratique du Congo figuraient alors parmi les principaux épicentres de cette crise, mais que des progrès significatifs étaient désormais possibles, notamment en RDC.
« Lors de la création de ce mandat, les violences sexuelles liées aux conflits étaient qualifiées de plus grand silence de l'histoire et de crime de guerre le moins condamné au monde. Le Darfour et l'Est de la RDC étaient les épicentres de cette crise. Pourtant, aujourd'hui, malgré de graves risques pour la protection de la population, la RDC montre qu'à travers l'engagement politique, l'appropriation nationale et la coopération internationale, il est possible d'infléchir le cours de l'histoire vers le progrès », a déclaré la représentante spéciale.
Selon elle, les efforts engagés par la RDC ont permis de franchir des étapes importantes dans la lutte contre l'impunité et dans l'accompagnement des victimes. Pour Pramila Patten, les résultats obtenus en RDC constituent un exemple pour d'autres pays confrontés aux violences sexuelles liées aux conflits.
« Le silence peut être brisé et les crimes condamnés : 35 porteurs d'armes ont été condamnés pour violences sexuelles l'an dernier et des réparations ont été versées aux victimes conformément aux décisions de justice. Une aide médicale, psychosociale et un soutien aux moyens de subsistance ont été apportés à plus de 45 000 personnes déplacées et plus de 1 000 enfants nés de viols ont été reconnus et enregistrés. Si cela est possible en RDC, une situation d'une complexité extrême , aucun dirigeant, où que ce soit, ne peut prétendre que le changement est hors de portée », a-t-elle affirmé.
Des progrès dans le secteur de la sécurité
Évoquant le rapport présenté au Conseil de sécurité, la représentante spéciale a également relevé une diminution des affaires attribuées à la Police nationale congolaise au cours des cinq dernières années. Selon elle, cette évolution est liée aux efforts conjoints du gouvernement congolais et des Nations Unies pour renforcer les mécanismes de responsabilité dans le secteur de la sécurité.
« Dans le rapport qui nous est présenté aujourd'hui, le Secrétaire général constate une baisse des affaires imputées à la Police nationale congolaise au cours des cinq dernières années. Cette évolution fait suite à l'engagement concerté du Gouvernement, conformément à mon mandat, en faveur du renforcement de la responsabilité et de l'élaboration de feuilles de route spécifiques pour le secteur de la sécurité. En conséquence, la radiation de la Police nationale de la liste des forces de l'ordre sera examinée lors du prochain cycle de rapport, compte tenu des progrès constants accomplis dans la mise en œuvre des engagements », a-t-elle expliqué.
Pramila Patten a également salué l'initiative de la République démocratique du Congo d'avoir organisé ce débat public du Conseil de sécurité, une première pour un pays directement affecté par les violences sexuelles liées aux conflits. Elle a particulièrement souligné la portée symbolique de la présidence de cette réunion par Judith Suminwa Tuluka, Première ministre de la RDC, première femme à occuper cette fonction dans l'histoire du pays.
« Je salue le courage politique de la RDC, premier pays directement touché par ce fléau à organiser ce débat public. Cela crée un précédent et constitue un exemple pour celles et ceux qui nient les violences sexuelles. Des progrès considérables ont été accomplis pour briser le cercle vicieux de la violence et de l'impunité et le remplacer par un cercle vertueux de reconnaissance et de prise en charge. Il est particulièrement encourageant que la réunion d'aujourd'hui soit présidée par Son Excellence Judith Suminwa Tuluka, Première ministre de la RDC, la première femme à occuper cette haute fonction », a-t-elle relevé.
Cette séance intervient dans un contexte où les femmes de la République démocratique du Congo, particulièrement dans les zones en conflit, continuent d'être victimes de violences sexuelles commises dans un climat marqué par l'activisme des groupes armés locaux et étrangers. À cela s'ajoute l'agression rwandaise, selon les autorités congolaises, à travers la rébellion de l'AFC/M23, qui contribue à aggraver la vulnérabilité des femmes dans l'est du pays.
Les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin à cette crise et rétablir durablement la paix peinent à produire des résultats concrets. Si des avancées sont régulièrement annoncées sur le plan politique et diplomatique, la situation sur le terrain reste préoccupante, les différents protagonistes poursuivant les affrontements tout en s'accusant mutuellement de ne pas respecter les engagements pris
Clément MUAMBA