Sondage Ebuteli-GeoPoll : « ce n'est pas une élection, c'est une photographie », rappelle Trésor Kibangula

Un électeur en plein opération de vote le 30 décembre 2018. Ph. Christine Tshibuyi

Lors du Space organisé mercredi par Stanis Bujakera Tshiamala pour décortiquer le sondage Ebuteli-GeoPoll, le chercheur Trésor Kibangula a été interrogé sur une limite méthodologique reconnue dans la note elle-même : l'impossibilité de déterminer avec certitude dans quelle mesure le nationalisme et la menace rwandaise continuent d'influencer l'opinion publique congolaise. Une question lui a été posée sans détour : les sondages se contentent-ils de mesurer des opinions sans en expliquer les causes réelles ?

Kibangula a assumé cette limite. Selon lui, les personnes sondées « ne sont pas censées » donner les raisons de leurs préférences : « lorsqu'on pose une question, par exemple à notre échantillon sur "avez-vous une opinion favorable du président de la République ?", la question s'arrête là », la personne répond oui, non, ou refuse de répondre, « et ces réponses-là n'ont pas d'explication ». Ces données, a-t-il précisé, viennent seulement « alimenter les débats publics ».

Le chercheur a confié avoir lui-même échangé avec plusieurs responsables de l'opposition après la publication du sondage : « beaucoup étaient aussi choqués de voir ces chiffres-là », a-t-il relevé. Mais il a insisté sur la nature de l'exercice : « c'est la température à ces moments-là, en avril 2026, de ce que pensent les Congolais. Ce n'est pas une élection, mais c'est une photographie de l'opinion publique », des données « toujours appelées à évoluer ».

Il a par ailleurs annoncé qu'Ebuteli prévoit de reconduire un nouveau sondage avant la fin de l'année, « pour essayer de voir comment l'opinion publique a pu évoluer » depuis « l'avènement de C64 », qu'il considère comme « un tournant dans les dynamiques politiques en cours ».

Sur le fond de la question posée, Kibangula a admis sans détour : « certains chiffres de sondages ne permettent pas de dire avec 100% de conviction que c'est à cause du Rwanda, c'est à cause du discours nationaliste que le président arrive à un tel pourcentage », une limite qu'il assume comme inhérente à l'exercice du sondage d'opinion.

Rappelons qu'au cours de ce spacce, M. Kibangula s'est longuement expliqué sur l'un des résultats les plus commentés de l'enquête : la coexistence d'un pessimisme majoritaire sur la trajectoire du pays (58%) avec une popularité présidentielle au sommet (86% d'opinions favorables pour Félix Tshisekedi).