La Première ministre, Judith Suminwa a présidé ce mercredi 8 juillet 2026 à New York, aux États-Unis d’Amérique, la 10190e séance du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée aux femmes, à la paix et à la sécurité, sous le thème : « Honorer la promesse du droit international aux survivantes de violences sexuelles liées aux conflits ».
Mme Suminwa a salué le travail accompli par Mme Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, pour la présentation faite devant le Conseil. Alors qu’elle arrive au terme de son mandat, la cheffe du gouvernement congolais lui a rendu un hommage particulier pour son engagement, sa voix et son action en faveur des survivantes et des survivants, de la justice et de la dignité humaine.
« Son mandat nous rappelle une vérité essentielle : les violences sexuelles liées aux conflits ne sont pas une question périphérique. Elles sont au cœur de l’agenda de paix et de sécurité. Elles nous obligent à regarder la guerre non seulement à travers les lignes de front, mais aussi à travers les corps brisés, les familles détruites, les enfants stigmatisés, les communautés déplacées et les systèmes d’impunité qui permettent à ces crimes de se répéter » a déclaré Judith Suminwa.
Poursuivant son intervention, la cheffe du gouvernement congolais a dénoncé les violences sexuelles commises dans l’Est de la République démocratique du Congo, qu’elle a attribuées aux groupes armés et aux forces étrangères dont le Rwanda impliquées dans le conflit.
« En République démocratique du Congo, nous connaissons cette réalité avec une douleur particulière. Dans certaines zones affectées par les groupes armés et sous occupation par des forces étrangères, dont le Rwanda, ces violences sont liées aux déplacements forcés, aux économies illicites et aux logiques de prédation qui alimentent la guerre. Mais notre expérience nationale nous conduit aujourd’hui à poser une question plus large : comment prévenir les systèmes qui rendent ces crimes possibles ? », s’est-elle interrogée.
Pour la cheffe de l’exécutif national, si la République démocratique du Congo a souhaité présider cette séance, ce n’est pas pour faire de son expérience nationale l’unique objet du débat. Selon elle, cette expérience douloureuse impose plutôt une responsabilité collective : celle de contribuer à une réflexion mondiale sur un crime qui dépasse les frontières, les régions et les situations inscrites à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.
« Dans l’est de la République démocratique du Congo, comme dans d’autres régions du monde, les violences sexuelles liées aux conflits ne sont pas seulement une tragédie individuelle. Elles sont un langage de guerre. Elles visent à terroriser, humilier, déplacer, dominer, briser les familles et déstructurer les communautés. Là où le corps des femmes, des filles, mais aussi des hommes et des garçons devient un champ de bataille, la paix est déjà profondément compromise », a-t-elle déclaré.
Et de poursuivre :
« Dans plusieurs conflits sur différents continents, ces violences accompagnent le contrôle d’un territoire, d’une route, d’un village, d’un site minier, d’un point de passage ou d’une population. Elles prennent aussi la forme d’enlèvements, d’esclavage sexuel, de traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, parfois au profit de groupes armés, de groupes terroristes ou de réseaux criminels. Elles ne sont pas toujours un effet collatéral de la guerre. Trop souvent, elles en sont une méthode »
L'intervention de la Première ministre Judith Suminwa aux Nations Unies intervient dans un contexte où les femmes de la République démocratique du Congo, particulièrement dans les zones en conflit, continuent d'être victimes de violences sexuelles commises dans un climat marqué par l'activisme des groupes armés locaux et étrangers. À cela s'ajoute l'agression rwandaise, selon les autorités congolaises, à travers la rébellion de l'AFC/M23, qui contribue à aggraver la vulnérabilité des femmes dans l'est du pays.
Les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin à cette crise et rétablir durablement la paix peinent à produire des résultats concrets. Si des avancées sont régulièrement annoncées sur le plan politique et diplomatique, la situation sur le terrain reste préoccupante, les différents protagonistes poursuivant les affrontements tout en s'accusant mutuellement de ne pas respecter les engagements pris
Clément MUAMBA