Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni et Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, coordonnateur du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), ont procédé, le lundi 6 juillet, à la signature d’un protocole d’accord destiné à renforcer la coordination institutionnelle entre les deux entités publiques dans la mise en œuvre des politiques nationales et des engagements régionaux en matière de prévention, de gestion et de résolution des conflits à caractère transfrontalier.
Cette initiative vise à assurer une meilleure articulation entre les mécanismes nationaux de désarmement, de démobilisation, de relèvement communautaire et de stabilisation, et les initiatives régionales de paix. À travers ce protocole, les deux institutions entendent renforcer leur coopération autour de plusieurs axes prioritaires, notamment la coordination des initiatives de stabilisation à dimension régionale ou transfrontalière, le suivi des engagements régionaux de la RDC relatifs à la paix, au désarmement et au rapatriement volontaire des combattants étrangers, le partage d’analyses stratégiques sur les dynamiques régionales, la mobilisation des organisations régionales et des partenaires internationaux, ainsi que la promotion, à l’échelle régionale, des bonnes pratiques congolaises en matière de désarmement, de démobilisation, de relèvement communautaire et de stabilisation.
« L’urgence et la nécessité de restaurer la paix et la sécurité dans les zones affectées de notre pays appellent à une conjugaison des efforts autour du Chef de l’État et de la Première ministre. Pour relever les défis qui se dressent sur cette trajectoire, une collaboration étroite avec les autres structures publiques concernées s’impose. Le P-DDRCS, bien que structurellement focalisé sur le champ national, comporte une dimension régionale qui lui permet de prendre en charge les facteurs exogènes des crises sécuritaires internes. Parmi ces facteurs figurent notamment les actes d’agression ainsi que l’activisme des groupes armés étrangers », a déclaré le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni.
Pour le ministre Anzuluni, cet accord vient conforter le rôle de son ministère comme interface gouvernementale dans le suivi des engagements régionaux de la République démocratique du Congo et dans la promotion de la coopération avec les communautés économiques régionales ainsi que les mécanismes régionaux de paix.
« Parmi ces groupes figurent notamment les ADF (Forces démocratiques alliées), les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), les FNL (Forces nationales de libération du Burundi) ainsi que Red Tabara. Pour remédier, sans coercition, à la situation des combattants des groupes armés étrangers, une synergie entre mon ministère et le P-DDRCS s’impose. Cette collaboration, qui pourra s’étendre à d’autres structures publiques, vise à optimiser la coordination des initiatives et des actions en faveur de la pacification et de la stabilisation des zones affectées », a-t-il ajouté.
Le protocole prévoit également la création d’un Comité de pilotage, chargé de définir les orientations stratégiques de la coopération, ainsi que d’un Comité technique conjoint, responsable de la coordination opérationnelle, du suivi des activités et de l’évaluation des résultats. Ce dispositif permettra d’assurer une mise en œuvre efficace, cohérente et complémentaire des actions entreprises par les deux institutions, dans le respect de leurs compétences respectives.
« Aujourd’hui s’ouvre la première page de notre collaboration et d’une lutte conjointe. Je me réjouis de notre détermination commune à fédérer les intelligences de nos structures afin d’apporter notre pierre à l’édifice de paix que construit Son Excellence Monsieur le Président de la République. Tout en saluant la qualité du travail accompli par nos experts, je les exhorte à se mettre rapidement à l’œuvre pour concrétiser les engagements contenus dans le protocole d’accord que nous venons de signer », a poursuivi le ministre Anzuluni.
De son côté, le P-DDRCS bénéficiera d’un accompagnement renforcé pour intégrer davantage la dimension régionale dans sa stratégie nationale, notamment en ce qui concerne le désarmement, la démobilisation, la stabilisation, le relèvement communautaire ainsi que le rapatriement volontaire des combattants étrangers et de leurs dépendants.
« Depuis plus de trente ans, notre pays est confronté à des conflits d’une complexité exceptionnelle. De cette épreuve est née une expérience unique en matière de désarmement, de réintégration, de relèvement communautaire, de stabilisation, de médiation, de gouvernance territoriale et de coopération régionale. Cette expérience ne doit plus rester dispersée dans des rapports ou dans la mémoire des acteurs. Elle doit devenir une doctrine congolaise de la paix, documentée, capitalisée, enseignée et mise au service de l’Afrique et du monde. Notre ambition est simple : faire de la République démocratique du Congo non seulement un laboratoire de la paix, mais également un exportateur de solutions africaines aux défis africains », a déclaré le coordonnateur du P-DDRCS .
À travers ce partenariat, les deux institutions réaffirment leur engagement en faveur de la souveraineté nationale, du respect des droits humains, de la protection des civils, de la transparence, de la redevabilité et de la coopération interinstitutionnelle. Elles réitèrent également leur détermination à contribuer activement aux efforts du Gouvernement pour la restauration d’une paix durable dans les provinces affectées par les conflits armés dans l’Est du pays.
« Nous souhaitons que cette initiative soit inscrite à l’agenda des instances décisionnelles de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), afin qu’elle puisse être examinée par les ministres compétents, puis adoptée par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement… la RDC peut proposer au continent une vision renouvelée du DDRCS, fondée sur l’appropriation nationale, la coopération régionale, la stabilisation des territoires, la restauration de l’autorité de l’État et le développement des communautés. Cette vision pourrait devenir une référence commune pour les États de la région et contribuer à renforcer la cohérence des mécanismes régionaux de paix », a-t-il souligné.
Cette synergie d’efforts intervient dans un contexte où les conflits et l’insécurité continuent de sévir dans l’Est de la République démocratique du Congo, avec la présence de groupes armés locaux et étrangers. Cette situation ne cesse d’aggraver la crise sécuritaire et humanitaire, entraînant un nombre toujours plus élevé de déplacés internes et de réfugiés dans les pays voisins.
Clément MUAMBA