La République démocratique du Congo franchit une étape diplomatique importante de son histoire en assumant, depuis mercredi 1er juillet, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies. Une première depuis plus de trois décennies que Kinshasa entend mettre à profit pour défendre les priorités liées à la protection des civils, à la lutte contre l'impunité et à la mise en œuvre de l'agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».
Dans cette dynamique, la Première Ministre, Judith Suminwa, présidera ce mercredi 8 juillet à New York, un débat public avec comme thème: « Femmes, Paix et Sécurité- Honorer la promesse du droit international envers les survivants de violences sexuelles liées aux conflits ».
Selon la Primature, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences sexuelles dans plusieurs zones de conflit à travers le monde, en particulier dans l'est de la RDC.
« La République démocratique du Congo entend porter la voix des survivants et rappeler à la communauté internationale que les engagements pris doivent désormais se traduire par des actions concrètes », souligne la Primature dans un communiqué.
Les discussions porteront notamment sur le renforcement de la lutte contre l'impunité, la protection durable des populations civiles, ainsi que l'amélioration de l'accès des victimes aux soins, à la justice, aux réparations et à la réinsertion. Pour le gouvernement congolais, les violences sexuelles liées aux conflits ne peuvent être dissociées des causes profondes qui alimentent les crises sécuritaires.
« Les violences sexuelles, les économies de guerre et l'exploitation illicite des ressources naturelles constituent des phénomènes interdépendants qui entretiennent l'instabilité, notamment dans l'est de la République démocratique du Congo » indique le communiqué de la Primature.
Ce débat ouvrira une séquence diplomatique consacrée aux enjeux de la paix et des ressources naturelles. Deux autres rendez-vous sont déjà annoncés : une réunion en formule Arria, prévue le 13 juillet, consacrée aux ressources naturelles, aux conflits et à la paix, ainsi qu'un débat public de haut niveau le 21 juillet sur « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».
« À travers cette présidence, la République démocratique du Congo affirme sa volonté de mettre son expérience au service de la communauté internationale et d'œuvrer pour une réponse plus efficace aux défis de la paix, de la justice et de la protection des populations civiles » précise la Primature
Depuis Janvier 2026, les drapeaux de cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027 flottent au siège de l'ONU à New York. Il s'agit de Bahreïn, de la Colombie, de la RDC, de la Lettonie et du Libéria.
Cette cérémonie protocolaire, organisée en date du jeudi 2 janvier à l'occasion de leur entrée en fonction, marquait le début de leur mandat de deux ans au sein de l'organe chargé notamment de décider des opérations de maintien de la paix, des régimes de sanctions ainsi que de l'orientation politique et sécuritaire des réponses aux crises internationales.
Les membres non permanents du Conseil de sécurité ne disposent pas du droit de veto, réservé aux cinq membres permanents, mais participent pleinement aux votes et aux négociations, avec une réelle capacité d'influence sur l'ordre du jour et le contenu des textes.
Dans ce cadre, la RDC et le Libéria ont intégré le groupe des A3, qui désigne les trois États africains siégeant simultanément au Conseil de sécurité en tant que membres non permanents. Cette appartenance implique une coordination avec les autres membres africains élus ainsi qu'un rôle de relais des positions de l'Union africaine sur les dossiers concernant le continent.
Clément MUAMBA