L'Alliance pour le Changement (A.Ch), parti politique fondé par Jean-Marc Kabund-a-Kabund, a appelé, par la voix de son secrétaire général, Jean Paleke Atwana Tonay, les Congolais à participer massivement à la marche de la coalition C64 prévue le mercredi 8 juillet prochain. Au cours d'une matinée politique organisée samedi 27 juin 2026 à Kinshasa, il a réitéré la demande de la coalition exigeant la démission du président de la République, Félix Tshisekedi, tout en assurant que cette manifestation sera "pacifique et sans armes".
S'exprimant devant les militants et sympathisants de son parti, Jean Paleke Atwana Tonay a justifié l'organisation de cette marche parce que la coalition considère comme un manquement du chef de l'État à ses obligations constitutionnelles.
"Cette marche est organisée parce que la C64 constate que M. Félix Tshisekedi, à qui l'on avait confié la mission de veiller au respect de la Constitution, n'a pas rempli cette mission. Nous estimons même qu'il a manqué à son serment. Notre coalition pense donc qu'il faut exiger de M. Félix Tshisekedi qu'il présente sa démission. J'appelle tous les Congolais à répondre à cet appel. Nous serons tous sans arme pour voir comment exiger à Monsieur Félix Tshisekedi de présenter sa démission", a déclaré le secrétaire général, Jean Paleke Atwana Tona.
Au-delà de cet appel à la mobilisation, le secrétaire général de l'A.Ch a expliqué que cette matinée politique visait également à sensibiliser les Congolais sur le sens de l'hymne national.
"J'ai animé cette matinée politique pour rappeler à la population congolaise de revoir la manière dont nous chantons l'hymne national. Souvent, nous le chantons comme une simple récitation, alors que ses paroles contiennent un message qui doit éveiller la conscience du peuple", a-t-il fait savoir lors de son intervention.
Répondant à une question sur les démarches entreprises auprès de l'Hôtel de Ville de Kinshasa, Jean Paleke Atwana Tonay a affirmé que la coalition avait simplement notifié les autorités de la tenue de la marche.
"Il faut d'abord préciser qu'il ne s'agit pas d'une demande, mais d'une information. Le présidium de la C64 a déjà informé l'Hôtel de Ville de l'organisation de cette marche. Quant à une éventuelle réponse, nous l'attendons, mais cette réponse ne devrait pas être un refus. Comment pourrait-on refuser une manifestation dont les organisateurs annoncent qu'elle sera pacifique et sans armes ? Les autorités devraient simplement en prendre acte et mettre en place les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de la marche", a expliqué ce proche collaborateur de JM Kabund a Kabund.
Interrogé sur les inquiétudes suscitées par les violences ayant émaillé certaines manifestations dans le passé, le secrétaire général de l'A.Ch a exhorté la population à ne pas céder à la peur.
"La population ne doit pas avoir peur. Comme je l'ai dit tout à l'heure en parlant de l'hymne national, il est temps que les Congolais prennent conscience de leur responsabilité et bannissent la peur. Il est vrai que la police, qui est censée protéger les manifestants, est parfois perçue comme agissant aux côtés de groupes que nous considérons comme des milices. Lorsque des personnes sont battues ou tuées en pleine journée, cela suscite naturellement des inquiétudes", a-t-il recommandé dans son intervention.
Il a également affirmé que la coalition disposait d'informations faisant état de possibles tentatives de perturbation de la manifestation.
"Nous demandons néanmoins à la population d'être prête et vigilante. Nous disposons déjà d'informations selon lesquelles certains chercheraient à infiltrer la marche afin de la perturber ou de la saboter. Pour notre part, nous resterons attachés à une marche pacifique. C'est l'essentiel", a affirmé le Secrétaire général de cette formation politique membre de la C64.
En République démocratique du Congo, le débat autour de la réforme constitutionnelle a donné naissance à deux dynamiques au sein de la scène sociopolitique : d'une part, la Coalition Article 64 pour la Défense de l'Ordre Constitutionnel (C64) et, d'autre part, la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4). Chacune de ces plateformes affirme bénéficier du soutien de la population afin de concrétiser les objectifs qu'elle s'est fixés.
La marche annoncée pour le mercredi 8 juillet 2026 constituera la troisième action de terrain de la coalition C64. Le mouvement avait lancé ses activités par une journée « ville morte », avant d'organiser un sit-in devant le Palais du Peuple pour exiger le retrait de la loi référendaire. Cette manifestation avait dégénéré en violences, avec des bilans divergents entre les autorités et l'opposition.
Clément MUAMBA