La RDC, le Rwanda et le HCR renforcent leur coopération avec l’adoption de la feuille de route 2026-2027 sur le rapatriement des réfugiés

Tripartite RDC-HCR-Rwanda à Addis-Abeba
Tripartite RDC-HCR-Rwanda à Addis-Abeba

Après la réunion tenue en juillet de l’année dernière, une nouvelle rencontre de la tripartite entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le HCR s’est tenue lundi 22 juin 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie. Ce rendez-vous diplomatique, précédé par des travaux techniques d’experts, a réuni le ministre rwandais chargé de la Gestion des urgences, le major-général à la retraite, Albert Murasira, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, représentant la RDC, ainsi que Barham Salih, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.

Les parties ont rappelé le communiqué conjoint de la réunion ministérielle tripartite de haut niveau entre le gouvernement de la RDC, le gouvernement du Rwanda et le HCR sur le rapatriement volontaire des réfugiés, signé le 24 juillet 2025, ainsi que les décisions prises pour orienter leurs actions. À l’issue de cette étape, une feuille de route 2026-2027 a été adoptée par les différentes parties.

"Les Parties ont examiné le rapport de la Réunion du Groupe de travail technique tripartite entre le Gouvernement de la RDC, le Gouvernement de la République du Rwanda et le HCR sur le rapatriement volontaire des réfugiés et ont adopté la Feuille de route 2026-2027 du Groupe de travail technique tripartite sur le rapatriement et la réintégration volontaires, qui définit les étapes opérationnelles clés, les responsabilités et le calendrier de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation", explique le communiqué conjoint.

D’après le même document, la réunion s’est tenue dans le contexte plus large des efforts déployés en vue de parvenir à des solutions durables pour les réfugiés. Elle a également tenu compte des avancées politiques et techniques enregistrées à la fin de l’année 2025, notamment les Accords pour la paix et la prospérité entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda, signés à Washington le 4 décembre 2025 sous les auspices de l'administration Trump

Dans le même registre, les parties ont salué le rôle constant de l’Union africaine et des Nations Unies, en particulier celui du Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, dans la promotion de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du dialogue, en vue de favoriser des solutions durables aux déplacements forcés dans la région.

Cette réunion s’est tenue conformément aux accords tripartites sur le rapatriement volontaire des réfugiés congolais vivant au Rwanda et des réfugiés rwandais vivant en République démocratique du Congo, signés le 17 février 2010. Elle s’inscrit également dans le respect des principes consacrés par la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, son Protocole de 1967 ainsi que la Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects spécifiques du problème des réfugiés en Afrique.

La question des réfugiés a toujours figuré parmi les principaux points de discorde entre Kinshasa et Kigali, mais également entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23. C’est dans ce contexte que cette problématique a été intégrée aux discussions menées dans le cadre de l’Accord de paix de Washington, signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous les auspices des États-Unis d’Amérique. La question des réfugiés est également au cœur du processus de Doha, engagé après la signature de la déclaration de principes entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, sous la médiation de l’État du Qatar.

Dans ces deux initiatives diplomatiques, conduites respectivement par les États-Unis et le Qatar, la problématique des réfugiés occupe une place centrale. Toutefois, la mise en œuvre de ces engagements accuse un retard notable. Alors que ces processus de paix avaient suscité beaucoup d’espoir auprès des populations de l’Est de la RDC, les résultats concrets tardent à se matérialiser sur le terrain, près d’une année après leur lancement.

Clément MUAMBA